Cartographie / La carte électronique de navigation - ENC -   

18-09-2007

Les systèmes de visualisation de cartes électroniques et d'information - ECDIS


[ Avant propos | Introduction ]

Avant propos


Le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) est le service public national chargé de collecter et de diffuser l'information nautique nécessaire à la sécurité de la navigation au bénéfice de l'ensemble de la collectivité maritime nationale et internationale.

La contribution du SHOM à la sécurité de la navigation est donc essentielle. Elle est une obligation résultant de conventions internationales souscrites par la France. Elle engage la responsabilité de l'Etat et le SHOM consacre une part importante de ses ressources à cette activité. Elle s'appuie sur une compétence accumulée depuis près de trois siècles tout en s'adaptant  aux nouveaux modes de navigation, profondément modifiés par l'apparition des moyens de radionavigation satellitaux précis, des dispositifs de visualisation électronique d'informations cartographiques et par les évolutions du trafic maritime.

L'activité du SHOM dans le domaine des cartes électroniques de navigation (ENC) et des systèmes de visualisation de cartes électroniques et d'information (ECDIS) est l'une des conséquences de cette adaptation.

Introduction


La carte marine est l'un des documents nautiques les plus répandus permettant aux Services Hydrographiques nationaux d'assurer la diffusion des informations nautiques. Elle est issue d'un processus rigoureux et est tenue à jour afin d'éviter les risques propres au domaine maritime : contrairement au milieu terrestre, les fonds marins ne sont pas directement accessibles à l'observation et le navigateur n'a pas d'autre choix que de se fier aux documents nautiques pour déterminer les éléments d'une route sûre entre deux points.
Si l'ensemble de la documentation nautique (cartes marines, instructions nautiques, livres des feux, annuaires de marée, etc) est nécessaire, la carte offre une synthèse graphique des renseignements nécessaires au navigateur pour effectuer trois opérations :

  1. Situer son navire ;
  2. Délimiter les zones à éviter ;
  3. Déterminer sa route future en toute sécurité.
Mais alors que les méthodes de collecte des données et d'élaboration des documents nautiques nécessaires à la sécurité de la navigation ont largement bénéficié des progrès continus de la technologie (notamment en informatique et en électronique) et d'un effort de normalisation internationale, la nature de ces documents (cartes marines, instructions nautiques, livres des feux, annuaires de marée, etc) n'a guère changé depuis le 19ème siècle  jusqu'aux années 1980.

Les modes de navigation eux ont pourtant considérablement évolué depuis avec notamment :

l'augmentation considérable du trafic maritime notamment dans des passages resserrés,

la généralisation et la précision croissante des systèmes électroniques de localisation, grâce aux systèmes GPS et Glonass : le report de la route sur une carte serait ainsi facilité si cette carte était numérique,

la multiplication des cargaisons dangereuses pour l'environnement,

l'augmentation des tirants d'eau qui conduit dans certaines zones à naviguer avec des pieds de pilote extrêmement réduits,

 l'apparition de navires rapides dépassant largement les vitesses habituelles d'une vingtaine de nœuds,

les conséquences humaines, écologiques et économiques de plus en plus lourdes des accidents maritimes,

la réduction des effectifs en passerelle (y compris les difficultés qui en résultent pour faire assurer correctement la tenue à jour des documents nautiques sur support papier).

C'est  au début des années 1980 que le concept de carte électronique apparut, porteur du saut technologique attendu, lorsque les progrès de l'électronique et de l'informatique conduisirent les fabricants d'équipements de navigation à imaginer un système superposant sur un écran vidéo la position fournie par un appareil de localisation radioélectrique et un extrait de carte marine préalablement numérisé. Les services hydrographiques nationaux reconnurent alors très vite l'intérêt de la carte électronique pour rendre la navigation maritime plus sûre et plus efficace et ils se préoccupèrent de jouer un rôle moteur dans son développement.

C'est en 1985 qu'a alors débutée la concertation internationale en vue de définir une carte marine électronique destinée à être homologuée au même titre que les documents imprimés officiels cités dans la convention sur la sauvegarde de la vie en mer (SOLAS : 1974) de l'Organisation Maritime Internationale (OMI)  : la carte électronique de navigation (ENC) et le système de visualisation de cartes électroniques et d'information (ECDIS).

Bénéficiant des technologies les plus modernes en matière de système d'information géographique et de système de radiolocalisation, l'ECDIS a été défini afin :

  1. de renforcer la sécurité de la vie en mer ;
  2. de faciliter la tenue à jour des cartes ;
  3. d'alléger le travail en passerelle.

La promotion du développement du concept d'ECDIS se justifie par les caractéristiques particulières de la navigation maritime et par la diversité des besoins qu'il permet de satisfaire. Cette logique est bien illustrée par la situation en Europe. Ainsi, en raison de la complexité de la bathymétrie et du trait de côte, les routes maritimes européennes empruntent souvent des passages étroits, peu profonds et parfois délimités par des bancs instables. Outre ces dangers naturels, le plateau continental européen se caractérise par une densité inégalée d'obstructions sous-marines, résultant des guerres, des accidents, de la multiplication des câbles sous-marins et du développement de l'exploitation "offshore". Plusieurs zones sont affectées par de violents courants de marée et des marées de forte amplitude, voire par des ondes de tempête aux effets dévastateurs. En hiver, la navigation est souvent gênée par de mauvaises conditions de visibilité et même, en Baltique ou le long des côtes de Norvège, par la formation de glace de mer.

Enfin l'ECDIS n'intéresse pas uniquement les navires de commerce. Un autre bénéfice essentiel de l'ECDIS sera de faciliter l'activité de tous les usagers de la mer (pêche, opérations militaires...). Pour atteindre ce but, le système doit pouvoir manipuler une couche spécifique d'informations sur les fonds marins, y compris les données personnelles de chaque usagers, ainsi que des informations océanographiques, météorologiques et biologiques. Conjointement à ces données thématiques, le système doit être pourvu de fonctions afin de les valoriser. C'est dans ce but qu'un projet pilote, baptisé Esis (European Seabed Information System- système d'information européen sur les fonds marins), avait été proposé en 1994 à la commission européenne par un consortium regroupant des organismes du Royaume-Uni, de France et des Pays-Bas. A bord des navires de guerre, les ECDIS devraient remplacer les cartes papier aussi bien pour la navigation que pour la conduite des opérations, besoin à l'origine du concept de WECDIS (Warship ECDIS). Enfin, avec plus de cinq millions d'unités en Europe, la plaisance constitue aussi un marché important pour les cartes marines. Pour satisfaire ces besoins particuliers, les services hydrographiques nationaux et les éditeurs privés ont déjà conçu des éditions spécifiques de cartes et d'ouvrages. Ces produits électroniques adaptés permettront une bien meilleure adéquation aux besoins des usagers.

 L'ECDIS concerne aussi de nombreuses applications à terre : contrôle du trafic maritime, coordination des secours en mer, lutte contre la pollution, gestion du littoral sont autant d'activités où les systèmes d'information géographique sont un facteur de progrès et de meilleure efficacité.



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