Cartographie / La carte électronique de navigation - ENC -   

18-09-2007

Les fonctionalités de l'ECDIS

Les performances minimum exigées par l'OMI (A817/19)
La norme S 52
(dernière mise à jour le 10.06.2000)


[ Les entrées | Le matériel | Les sorties : les possibilités fonctionnelles | Dispositif de secours | Informations pratiques ]

Les entrées


Les données cartographiques doivent être fournies par un service hydrographique au format S57 conformément à la spécification de produit ENC et tenues à jour ; les lots de données sont baptisés ENC (Electronic Navigational Chart).
Les ENC sont issues d'un travail cartographique et conçues pour un type de navigation particulier. A chaque ENC est donc associé une échelle de compilation qui représente l'échelle  d'affichage des donnéesla mieux adaptée, assurant une présentation lisible des données et apportant les informations utiles à la navigation considérées. L'ECDIS peut exploiter dans une même zone géographique plusieurs cartes à différentes échelles de compilation.

Le positionnement doit être continu et il doit être possible de recourir à au moins deux systèmes indépendants, afin de pallier une déficience de l'un d'entre eux et de contrôler l'intégrité des positions : GPS/DGPS (non explicitement mentionné dans la norme), estime, Loran, OMEGA, corrélation bathymétrique, Syledis, relèvements au compas, inertie… peuvent être utilisés selon la catégorie de navigation (chenalage, côtière, approche, hauturière) et donc la précision recherchée ;

Divers équipements peuvent être connectés : les seuls obligatoires concernent la route suivie (position, cap et vitesse). Les autres sont facultatifs y compris le radar. Cependant le rôle du radar est si essentiel pour le contrôle des données permanentes ou conjoncturelles que des dispositions explicites et implicites figurent dans la S52 (affichage de la carte "cap en haut", centré sur la position du bâtiment) ;

L'usager peut insérer des annotations dans le SENC. Cela permet notamment de renseigner des AVURNAV ; des mises à jour manuelles ;

Enfin, d'autres bases de données thématiques (météorologie, courants, marées, sédimentologie, bathymétrie détaillée...) peuvent être connectées ; il doit être possible de distinguer les données officielles des autres données.

Le matériel


Très peu de dispositions explicites concernent la partie "matériel". Ceci permet une grande robustesse des normes face aux rapides changements des possibilités informatiques.

On notera pour la normalisation explicite :

  Le rafraîchissement d'image permettant de suivre la progression du navire en mode de surveillance de  route devra prendre moins de 5 secondes. Les demandes du navigateur qui ne peuvent pas être prévues par l’ECDIS, telles que l'affichage à une échelle différente ou dans une zone différente sont susceptibles de prendre plus de 5 secondes. Dans ce cas :

- le navigateur en sera informé ;
- l’affichage devra se maintenir pour la surveillance de la route jusqu’à ce que les nouvelles informations soient disponibles pour l'affichage dans les 5 secondes suivantes.
  L'écran graphique : - Dimension : la taille effective de la zone pour l'affichage de la carte sera au moins de 270mm  X  270mm
- Résolution : le nombre de lignes minimum par mm (L) est donné par la formule L=864/s, où "s" est la plus petite des dimensions de la zone d'affichage de la carte.
- Couleurs : 64

  Luminosité et contraste
Les contrôles de la luminosité et du contraste devront permettre de revenir au réglage d’origine. Le manuel de l’ECDIS devra comporter un avertissement sur les risques d’inhibition de la visibilité la nuit par l’utilisation du contrôle de la luminosité.

Six tableaux de couleurs sont contenus dans la Bibliothèque de Présentation, et chacun d’entre eux devra être disponible.

 Une indépendance du système d'exploitation vis-à-vis des formats : il est spécifié des règles pour la fourniture des données (OHI S57) ou pour l'acquisition du radar (CEI 1162 et OMI A823). Mais l'industriel peut utiliser des formats d'exploitation propres à garantir des performances optimales (La S57 est une norme d'échange de données) et il peut convertir les données en un format interne baptisé SENC (System ENC). Le contrôle d'homologation se fait au niveau des spécifications fonctionnelles de sortie.

La normalisation implicite (validée par les industriels via les CEI et CIRM : norme IEC 61174) concerne des exigences fonctionnelles : par exemple, la locution "il doit être possible de revenir rapidement à l'affichage standard en une opération simple" se traduit alors en termes de rapidité de rafraîchissement de l'écran et de fonctionnalités élémentaires.

Les sorties : les possibilités fonctionnelles


Les possibilités fonctionnelles de l'ECDIS s'appuient :

   sur un besoin fondamental :
[OMI A817/19] "Les ECDIS ont pour principale fonction de contribuer à renforcer la sécurité de la navigation" (sauvegarde de la vie en mer, sauvegarde des biens et de l'environnement).

   un constat :
Afin de compenser la perte de résolution et de lisibilité due aux écrans par rapport à des documents imprimés (surcharge cognitive), il faut que l'ECDIS puisse être pourvu  de fonctions d'expertise nautique destinées à aider le chef de quart (recherche de cohérence).

  un principe :
La mise en oeuvre des fonctions sont du ressort des industriels ; l'ergonomie du système est donc largement dépendante de chaque solution industrielle.

Ses possibilités fonctionnelles sont :

"La présentation des ECDIS devrait être au moins aussi fiable et disponible que celle des cartes papier publiées par les services hydrographiques nationaux" ;

Afin de bénéficier de l'expérience des cartes papier et éviter toute confusion dans la période d'utilisation commune des cartes papier et des cartes électronqiues, il a été considéré que les deux présentations des données cartographiques devaient être similaires (autant que faire se peut). Pour cela il a été reconnu que la présentation des cartes papier devait, dans la mesure du possible, être suivie.

Cependant, l'ECDIS diffusant de la lumière, il est nécessaire, de nuit, de pouvoir afficher la carte en "négatif", utilisant un fond d'ecran noir afin de ne pas perturber la vision nocturne du navigateur et lui permettre d'assurer une veille active (les faibles feux d'un voilier non détecté au radar sont difficiles à percevoir la nuit en passerelle !).


(capture d'écran d'un menu de ENC Simulator de la société SevenC's)


affichage de jour       affichage de nuit

De plus des études cognitives ont démontré le besoin de simplifier et de modifier les symboles cartographiques traditionels utilisés sur les cartes papier afin d'assurer une bonne communication entre l'ECDIS et le navigateur.

- L’ECDIS fournira au navigateur la possibilité d’utiliser, selon son choix, les symboles des cartes papier traditionnelles ou les nouveaux symboles simplifiés.





symboles simplifiés

symboles traditionnels



Priorité de l’affichage cartographique

Considérant les différentes entrées possibles de l'ECDIS, des niveaux sont indispensables pour établir la priorité d’affichage des données. La règle générale de priorité entre les différentes catégories d’informations est donnée ci-dessous : . 1 ECDIS : alarmes et indicateurs  ;
. 2 Données des SH : points/lignes et surfaces ainsi que les mises à jour officielles ;
. 3 Avis aux navigateurs, entrées manuelles, alarme de défaillance du système de radionavigation ;
. 4 SH : Avertissements  (ENC : CTNARE ) ;
. 5 Données des SH pour la coloration des surfaces ;
. 6 Données des SH affichées à la demande ;
. 7 Informations radar ;
. 8 Données du navigateur : points/lignes et surfaces ;
. 9 Données du fabricant : points/lignes et surfaces ;
. 10 Données du navigateur pour la coloration des surfaces.
Notes

- 1/ Cette liste n’est pas destinée à établir une séquence d'affichage, mais plutôt à spécifier que le contenu des informations de la catégorie n+1 ne doit pas masquer le contenu des informations de la catégorie n ou de toute autre catégorie supérieure (par exemple n-1, etc.).

- 2/ La catégorie 7 devra avoir un système de désactivation du radar pour faciliter son retrait.


Catégorie d'affichage

Les catégories pour l'affichage de l'information sont les suivantes :




(capture d'écran d'un menu de ENC Simulator de la société SevenC's)


Affichage standard :

Les renseignements du SENC qui devraient apparaître lorsqu'une carte est affichée pour la première fois par l'ECDIS. Le navigateur peut, en fonction de ses besoins, modifier le niveau de renseignements fournis pour la planification ou la surveillance de la route.


Affichage de base :

Les renseignements du SENC qu'on ne peut pas faire disparaître de l'écran, ces renseignements étant ceux qui sont nécessaires à tout moment, dans toutes les zones géographiques et en toutes circonstances. Cette image n'est pas jugée suffisante pour garantir la sécurité de la navigation (c'est un sous-ensemble de l'affichage standard).


Affichage complet (tous autres renseignements) :

Informations cartographiques non contenues dans l'affichage standard et présentées seulement à la demande.



Affichage de base


Affichage standard


Affichage complet


- Traît de côte ;
- Isobathe de sécurité ;
- Dangers sous-marins isolés, de profondeur inférieure à celle de l'isobathe de sécurité, situés dans les eaux sûres ;
- Dangers isolés situés dans les eaux sûres tels que ponts, câbles aériens, balises, bouées... ; 
- Systèmes d'organisation du trafic ;
- Echelle, portée, orientation, mode d'affichage ;
- Unité de profondeur et de hauteur ;


- Affichage de base ;
- Aides à la navigation fixes et flottantes ;
 - limites des passes, chenaux ;
points remarquables bien visibles;
- zones réglementées ;
- limites de la gamme d'échelle de la carte ;
- avertissements (CTNARE) ; 


Affichage standard
;
affichés individuellement sur demande :
- sondes
- câbles et conduites sous-marines ;
- routes suivies ;
- détails de tous les dangers isolés ;
- détails des aides à la navigation;
- date de diffusion de l'ENC ;
- système géodésique ;
- déclinaison magnétique ;
- graticule ;
- toponymes ;



Exigences relatives à l'ergonomie

- Toute fenêtre contenant du texte, des diagrammes, etc. superposée à l’affichage de surveillance de la route sera temporaire (i.e. la fenêtre peut être retirée de l'affichage). Il sera possible de déplacer ce type de fenêtre vers une partie moins importante de l’affichage, telle que sur la terre, ou derrière le propre symbole du navire.

Exploitation de plusieurs cartes à différentes échelles de compilation

L'ECDIS gère dans le SENC les différentes cartes, éventuellement dans une même zone géographique à différentes échelles de compilation. Si l'option de sélection automatique des cartes est active, l'ECDIS sélectionnera la carte la mieux adaptée par rapport à l'échelle d'affichage définie par l'usager. En aucun cas l'ECDIS interprète une ENC à très grande échelle qu'il simplifierait à volonté selon l'échelle d'affichage : l'ECDIS ne sait pas encore faire de la généralisation automatique!.


"Les ECDIS devraient pouvoir faire apparaître sur l'écran tous les renseignements cartographiques nécessaires à la sécurité et à l'efficacité de la navigation qui émanent des services hydrographiques nationaux et qui sont diffusés avec leur autorisation"
Voir figure


Dans la très grande majorité des cas aujourd'hui les informations codées dans les ENC sont issues de cartes papier de référence ; dans certains cas, notamment au SHOM, la description des objets peut être enrichie par des informations descriptives gérées par ailleurs par le service hydrographique.

Autres informations du navigateur

On donnera au navigateur la possibilité d’ajouter, de corriger ou de supprimer du SENC au moins les symboles, les lignes et les zones suivants :
 . 1  les symboles d’avertissement (!) ou d’information [i] utilisés pour faire apparaître une remarque sur l’affichage de texte à partir d’une sélection à l’aide du curseur ;
 . 2  les lignes simples et zones avec ou sans remplissage de couleur, mises en place pour être sélectionnées avec le curseur afin d’obtenir des remarques explicatives sur l’affichage de texte ;
 . 3  tout symbole de la bibliothèque de présentation ;
 . 4   les notes sous forme de texte


  Autres informations non issues des ENC

Des informations supplémentaires provenant d’autres sources que les ENC, peuvent être affichées sous réserve qu’elles ne dégradent pas l’affichage des données ENC. Ces informations supplémentaires se distingueront des données ENC.

Si la région couverte par l’affichage ECDIS comporte des eaux pour lesquelles il n’existe pas d’ENC à une échelle appropriée à la navigation, les zones représentant ces eaux comporteront une signalisation indiquant au navigateur de se référer à la carte papier.

Une zone ne comportant aucun type de données cartographiques sera indiquée en utilisant la symbologie « pas de données » ("no data"), définie dans la bibliothèque de présentation. Si une zone ne comportant pas de données ENC est couverte par des données qui ne sont pas des données ENC, la zone sera indiquée en utilisant la symbolique « zone non-ENC » (non-ENC data) définie dans la bibliothèque de présentation.

Dans le cas où un objet « non identifié », qui n’est pas défini de façon adéquate ou pour lequel il n’existe pas de symbole, se présenterait dans le SENC, sa présence devra être indiquée à l’affichage par un « ? » de couleur magenta avec la catégorie OMI « affichage standard ».


  Correction de marée

Les informations de profondeur seront affichées telles qu’elles auront été introduites dans l’ENC et ne seront pas corrigées par la hauteur de la marée : il n'y a donc pas de correction dynamique de la bathymétrie, même si l'ECDIS est connecté à un modèle de marée fiable.



"Les ECDIS devraient permettre d'effectuer la mise à jour de la carte électronique de navigation de manière simple et fiable" ;


Généralités

Il est possible d'assurer les opérations de mise à jour quel que soit le mode d'utilisation de l'ECDIS, par exemple préparation de route, surveillance de route, etc.

Le format des données OHI S57 défini les méthodes de mise à jour individuelles ou cumulatives (collection de mises à jour individuelles séquentielles). Une troisième méthode alternative de mise à jour est le jeu  de "mises à jour de compilation", qui contient toutes les modifications en cours à compter de la date d'édition de l'ENC, et n'implique pas ni ne se base sur aucune des mises à jour diffusées auparavant.
Le format a été conçu notamment afin de faciliter les opérations de mise à jour en garantissant un volume d'information très faible, ce qui rend pratique la transmission des informations de mise à jour par des moyens de type satellital (INMARSAT...) : en mer il est possible d'obtenir les informations de mise à jour.

De plus il doit être possible de tenir automatiquement à jour les bases de données par les corrections officielles, sans risquer de les corrompre (aspect légal). Ainsi les ordres de mise à jour transmis par Inmarsat ou liaison télématique, ne corrigent-ils pas la base cartographique elle-même : ils sont fusionnés automatiquement dans le SENC.

Les ECDIS devraient également pouvoir accepter des corrections entrées manuellement et offrir un moyen simple de les vérifier avant de les accepter définitivement pour les appliquer dans le SENC. Ces corrections devraient pouvoir être distinguées des renseignements de l'ENC qui sont présentées sur l'écran et de leurs mises à jour officielles et ne pas affecter la lisibilité de l'affichage.

Par ailleurs, les ECDIS devraient enregistrer les corrections, y compris l'heure d'application dans le SENC. Enfin les ECDIS devraient permettre au navigateur de faire apparaître les mises à jour sur l'écran afin qu'il puisse en vérifier le contenu et s'assurer que les corrections ont bien été incorporées dans le SENC.


   Intégration des mises à jour

Les mises à jour devront pouvoir être clairement différenciées sur l’affichage. Une fois acceptées, les mises à jour intégrées ne pourront pas être distinguées des données ENC.
Les mises à jour non intégrées (par exemple celles saisies manuellement) seront différenciées.
Les mises à jour officielles des SH devront être différenciées des mises à jour locales.


  Rappel de l’affichage

Il est possible de revoir une mise à jour précédemment installée.


  Fichier de registre

L’ECDIS conserve un enregistrement des mises à jour, en incluant le temps d’intégration et les paramètres d’identification au sein d’un fichier de registre. Le fichier de registre contiendra, pour chaque mise à jour apportée au SENC ou rejetée par le SENC, les informations suivantes :

. 1  date et temps d’apport/rejet ;
. 2  numéro d’identification complet et unique de la mise à jour comme cela est décrit dans la Spécification du produit ENC de la S57 ;
. 3  toutes les anomalies survenues pendant l’intégration ;
. 4  type d’intégration : manuelle/automatique.

Un exemple d'"anomalies" pourrait être un message d'erreur ou un avertissement lors du chargement.


  Interruption de mise à jour

Si une mise à jour est interrompue, l’ECDIS préviendra l’utilisateur, mettra un terme à l’opération de mise à jour et restaurera le SENC tel qu’il était avant l’intégration du fichier de mise à jour de l’ENC.


  Mise à jour manuelle

Saisie et symbolique

L’ECDIS permettra l’entrée manuelle de mises à jour pour une présentation non intégrée à l’affichage. Il devra être possible, pour le navigateur :

.1 d’entrer les mises à jour ;
.2 de garantir que toutes les informations de mise à jour sous forme de texte, ayant un rapport avec les nouvelles conditions et avec la source de la mise à jour sont saisies par le navigateur et enregistrées par le système, pour un affichage à la demande.
Le système devra être capable d'implémenter la mise à jour manuelle d'objets ponctuels et des objets simples de type ligne ou surface tels que schémas d'organisation du trafic, zones réglementées ou trait de côte artificiel, à l'exclusion de lignes ou surfaces compliquées telles qu'isobathes ou trait de côte.

  Indications et alarmes

L’ECDIS sera capable de mettre en oeuvre des indications et des alarmes liées aux mises à jour non intégrées (manuelles), de la même façon que pour des mises à jour intégrées.

   Présentation

Il sera possible de retirer de l’affichage toute mise à jour manuelle. La mise à jour retirée sera conservée dans l’ECDIS pour une visualisation future jusqu’au début du voyage suivant, mais sans qu’elle soit affichée pour autant.


  Mise à jour semi-automatique

L’ECDIS sera capable de recevoir des mises à jour sous le format standard de l’OHI S57.


  Réception des mises à jour

L’identité de l’autorité émettrice de la mise à jour sera vérifiée afin qu’elle soit conforme avec l’identificateur correspondant de l’ENC.

Si la moindre erreur est détectée par l’appareil récepteur, la procédure de réception sera interrompue et la mise à jour de l’ENC sera signalée comme non valide dans le registre des mises à jour. L’utilisateur sera informé du dysfonctionnement.

L'ECDIS rejètera les fichiers corrompus et fournira un avertissement relatif à cette action.


   Vérification de la séquence

Pour les mises à jour séquentielles et cumulées, les vérifications suivantes des numéros de séquence seront réalisées au moment de l’intégration :

. 1  Extension de fichier de mise à jour de l’ENC
. 2  Numéro de mise à jour de l’ENC
. 3  Numéro de séquence de mise à jour des enregistrements individuels dans la mise à jour de l’ENC


  Vérification de la cohérence

Le navigateur sera averti de tout échec d’intégration de mises à jour officielles antérieures.


  Applicabilité géographique

Les mises à jour qui n’ont pas de liens avec une cellule du jeu de données ENC de l’ECDIS devront être déchargées.


  Rapport récapitulatif

Pour chacun des fichiers officiels de mise à jour émis par les autorités, une fois la réception achevée, un rapport récapitulatif contenant les éléments suivants sera donné :

. 1  identification de l’autorité émettrice ;
. 2  numéro de mise à jour des fichiers de mise à jour ;
. 3  identifiants de cellule des cellules affectées ;
. 4  numéro d’édition et date des cellules ENC impliquées ;
. 5  nombre de mises à jour dans les cellules affectées ;


Bilan des mises à jour de l’ENC

Il sera possible, pour le navigateur, de passer en revue les mises à jour en affichant le contenu du SENC avec une mise en évidence des mises à jour.


  Modification des mises à jour

Le rejet ou l’amendement d’une mise à jour par le navigateur sera réalisé par la méthode de mise à jour manuelle. La mise à jour, considérée comme contestable, sera notée comme une anomalie dans le fichier de registre.



"Les ECDIS devraient être pourvus d'alarmes ou fournir des indications appropriées qui avertissent des renseignements affichés ou d'un mauvais fonctionnement du matériel".

La grande richesse de la norme S52 concerne l'assistance que peut apporter l'ECDIS en tant que Système d'Information Géographique Nautique et Système Expert. Elle se caractérise en particulier par le déclenchement d'alarmes et d'indicateurs.

Les définitions des indicateurs et des alarmes sont données dans la publication de l'OMI intitulée "Recueil de règles relatives aux alarmes et aux indicateurs" (OMI 867E) :

Alarme : alarme ou dispositif d'alarme signalant par des moyens sonores, ou par des moyens sonores et visuels, une situation qui nécessite attention.
Indicateur : signal visuel fournissant des renseignements sur l'état d'un système ou d'un appareil.
Ces exigences seront précisées dans les points suivants.
"L'utilisation de l'ECDIS par comparaison avec celle des cartes imprimées devrait faciliter le travail de navigation : Ils devraient pouvoir indiquer continuellement la position du navire" ;

Voir figure : capture d'écran de NaviSailor2400  de TRANSAS  Marine : ENC FR501130

La position devrait pouvoir être obtenue à l'aide d'un système la donnant continuellement avec une précision conforme aux normes de sécurité imposée en matière de navigation. Il faudrait, chaque fois que possible, prévoir un deuxième moyen de localisation indépendant, d'un type différent.

  L'ECDIS devrait être capable d'identifier les divergences entre les deux systèmes de localisation

  L'ECDIS devrait signaler, par une indication, la perte du signal envoyé par le système de localisation. Il devrait également répéter, à titre indicatif, toute alarme ou indication que lui transmet un système de localisation.

  Le système de localisation et le SENC devraient utiliser le même système géodésique. Si tel n'est pas le cas, une alarme devrait le signaler.


"L'utilisation de l'ECDIS par comparaison avec celle des cartes imprimés devrait faciliter le travail de navigation : les ECDIS devraient permettre au navigateur d'effectuer de façon pratique et méthodique toutes les opérations de planification et de surveillance de la route et toutes celles de détermination de la position actuellement réalisées sur cartes papier." ;

Planification de Routes

  Il devrait être possible d'établir un plan de route comportant des segments de droite et de courbe.

  Il devrait être possible de modifier un plan de route, par exemple :
1. en ajoutant des points de passage à une route ;
2. en supprimant des points de passage d'une route ;
3. en modifiant l'emplacement d'un point de passage ;
4. en changeant l'ordre de passage sur la route.
  Il devrait être possible de tracer en plus de la route choisie une autre route possible. La route choisie devrait pouvoir être clairement distinguée des autres routes.

  Si la route tracée par le navigateur franchit l'isobathe de sécurité du navire, une indication doit le signaler.

  Si la route tracée par le navigateur franchit la limite d'une zone interdite ou d'une zone géographique à laquelle s'appliquent des conditions particulières, une indication doit le signaler.

  Le navigateur devrait pouvoir spécifier la limite de déviation de cap par rapport à la route prévue à laquelle l'alarme d'écart de route devrait se déclencher automatiquement.

Surveillance de la route : navigation

  Il devrait être possible d'afficher une zone océanique dans laquelle le navire ne figure pas (pour visualiser la zone située en avant du navire ou pour planifier la route, par exemple). Dans ce cas, les fonctions de surveillance automatique de la route (correction de la position du navire ainsi que le déclenchement d'alarmes et d'indicateurs) devraient être assurées en permanence. L'opérateur devrait pouvoir revenir immédiatement, en une seule opération, à l'image de la route sur laquelle est indiquée la position du navire.

L'ECDIS devrait donner l'alarme si le navire va franchir l'isobathe de sécurité dans l'intervalle de temps spécifié, réglé par le navigateur.

L'ECDIS devrait signaler au moyen d'une alarme ou d'une  indication, que dans l'intervalle de temps spécifié, réglé par le navigateur, le navire va franchir la limite d'une zone interdite ou d'une zone géographique à laquelle s'appliquent des conditions particulières.

Une alarme devrait se déclencher lorsque la limite spécifiée pour la déviation de cap par rapport à la route prévue est dépassée.

  L'ECDIS devrait signaler, par une alarme, que le navire va atteindre, dans l'intervalle de temps ou de distance spécifié, réglé par le navigateur, un point critique de la route prévue.

  Il devrait être possible de rectifier manuellement la position géographique du navire. Cette rectification manuelle devrait apparaître sur l'écran sous forme alphanumérique, y demeurer jusqu'à ce que le navigateur la modifie et être automatiquement mise en mémoire. Cette fonction est particulièrement utile lors de l'utilisation conjointe du RADAR et de l'ECDIS.


L'ECDIS doit pouvoir gérer des informations de nature textuelle (instructions nautiques, réglementation ...) tenir le journal de bord et enregistrer la route.

  L'ECDIS devrait mémoriser et pouvoir reproduire certains éléments minimaux nécessaires pour reconstituer la route qui a été suivie et vérifier la base de données officielle qui a été utilisée au cours des 12 heures précédentes. Les données ci-après doivent être enregistrées à une minute d'intervalle :
1. pour permettre de reconstituer la route parcourue par le navire : heure, position, cap suivis et vitesse

2. pour s'assurer que les données officielles utilisées sont conservées : source de l'ENC, édition, date, cellule de mémoire et mises à jour précédentes
  L'ECDIS devrait en outre conserver en mémoire la route suivie tout au long du voyage, assortie de labels de pointage à des intervalels ne dépassant pas 4 heures.

  Il ne devrait pas être possible de manipuler ou de modifier les renseignements enregistrés.

Dispositif de secours


Des dispositifs appropriés devraient être prévus pour garantir la sécurité de la navigation en cas de panne de l'ECDIS :
  1. des moyens permettant une commutation sûre des fonctions de l'ECDIS devraient être prévus pour assurer qu'une panne de l'ECDIS n'entraîne pas une situation critique ;
  2. un dispositif de secours devrait être prévu afin d'assurer la sécurité de la navigation pendant le reste du voyage en cas de panne de l'ECDIS.
Ce dispositif, non nécessairement électronique, devrait  notamment
  1. présenter sous forme graphique les renseignements intéressants du point de vue hydrographique et géographique qui sont nécessaires à la sécurité de la navigation ;
  2. être en mesure d'exécuter les fonctions relatives à la planification de la route ;
  3. pouvoir prendre la relève de l'ECDIS en assurant la surveillance de la route effectuée à l'origine par ce dernier et exécuter au moins les fonctions suivantes : indiquer la position du navire (porter manuellement ou automatiquement) ; relever le cap, la distance et prendre des relèvements à partir de la carte ; afficher la route prévue ; afficher des labels de pointage le long de la route du navire ; tracer un nombre suffisant de points, de relèvements, de marqueurs de distance, sur la carte.
Bien que les exigences de l'OMI soient claires en terme de principe, elles demeurent suffisamment générales pour se prêter à diverses interprétations concernant les dispositifs de secours adéquates.
Plusieurs options possibles répondant plus ou moins bien aux exigences de l'OMI semblent émerger :
    un second ECDIS ;

    un "ECDIS dégradé" (petit écran...) ;

    un ECS utilisant

      >>des données vecteurs
      >>des données matricielles
          - officielles
          - non officielles

    un ensemble de cartes papier à jour à utiliser pendant le reste du voyage, éventuellement à petites échelles : elles doivent être tenues à jour ;

    une sortie imprimée de l'ECDIS comprenant les données d'affichage de l'ECDIS et le plan de route pour le reste du voyage ;

    une imagerie RADAR/ARPA avec superpositin de données ENC ;

    un récepteurs de radionavigation avec fonction de planification de routes.
L'un des avantages incontestés de l'ECDIS est d'alléger la charge importante d'entretien du portefeuille de cartes. L'utilisation d'un portefeuille complet de cartes papier, tenues à jour, réduirait à néant cet avantage. Cette solution n'est donc pas envisageable.
En revanche l'entretien d'un portefeuille de cartes papier à petite échelle est peu couteux ; de plus il s'agit d'un système ne nécessitant pas d'alimentation en énergie et paraît très robuste aux pannes pouvant survenir sur un bâtiment. L'inconvénient est qu'il ne permet pas de naviguer partout en toute sécurité mais doit permettre tout au moins de s'approcher suffisamment près des côtes pour recevoir l'aide adaptée à la situation.
D'autres sytèmes électroniques apportent de nombreux avantages, selon la solution proposée mais ne sont pas robustes aux pannes d'alimentation d'énergie (sur la durée d'une traversée).

Informations pratiques


La résolution A817/19 de l'OMI est annexée à la norme de l'OHI S52.

La S52 est disponible auprès du Bureau Hydrographique International :

4, Quai Antoine 1er
B.P. 445 - MB 98011 MONACO Cedex
Principauté de Monaco
Télécopie : (+377) 93 10 81 40
Mél : info@ihb.mc
site internet : www.ohi.shom.fr



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