Techniques d'étude des fonds marins
Les outils d'acquisitions : Observations, prélèvements
et analyses en laboratoire
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La " lithologie " sous-marine est due, selon le
professeur Thoulet (1907), aux travaux menés dans les
années 1880 par le capitaine de frégate Bonjoux
et l'ingénieur des mines Delesse. Le premier inventa
le recalage sédimentologique pour la navigation par
temps de brume, le second recherchait par l'étude des
sédiments actuels la compréhension des phénomènes
géologiques. Ces initiateurs ont fondé en France
les bases de la sédimentologie marine actuelle. Leurs
travaux comprenaient la réalisation de prélèvements,
leur analyse en terme de constituants et de dimension des
particules, et la réalisation de synthèses synoptiques
des résultats obtenus sous forme de cartes. Ces travaux
se sont poursuivis avec assez peu d'évolutions techniques
jusque dans les années 80 ; tous ces travaux reposent
sur trois points : l'analyse des prélèvements,
la compréhension de la morphologie et une expertise
permettant de délimiter sur des cartes les différents
domaines homogènes reconnus.
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Le plomb suiffé
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Présentation
Les données acquises à l'aide
du plomb suiffé sont couramment utilisées pour
la réalisation des cartes sédimentologiques,
car elles pallient le manque de données récentes.
Dans les secteurs affectés par la dynamique sédimentaire,
elles ne peuvent servir pour la cartographie mais aident à
la reconstitution de l'histoire des fonds marins. Thoulet
(1907) avait déjà remarqué que les sédiments
qu'il prélevait en mer d'Iroise étaient en tout
point comparables aux observations effectuées par Bonjoux
30 ans auparavant à partir de données plomb
suiffé. Gabelotaud (1994) montre une bonne similitude
en termes de nature de fond et de répartition, entre
des données plomb suiffé de 1913 et des données
sonar latéral de 1990, pour un secteur au large de
Barfleur. Cette étude montre par ailleurs l'intérêt
de coupler les évolutions bathymétriques aux
changements de nature de fond, eux-mêmes caractérisés
à l'aide des données anciennes. Son étude
démontre que pour les sédiments les plus grossiers,
le plomb suiffé discrimine relativement mal les cailloutis
et la roche. Dans les autres cas, il apporte une information
primordiale d'autant plus que les sondages sont en grand nombre.
Ces données plomb suiffé se chiffrent ainsi
sur les côtes françaises à plusieurs centaines
de milliers. Dans le cadre de nos études, lorsque nous
effectuons le recensement des données d'une carte,
nous observons en moyenne de 50 à 70 données
plomb suiffé pour un prélèvement récent
(bennes, dragages et carottages).
Technique
Cette méthode d'observation n'a plus
cours aujourd'hui. Les plombs de sonde, employés avec
des lignes de chanvre étaient de fonte, de forme oblongue
avec une cavité inférieure enduite de suif.
Au contact du fond, le sédiment adhérait ou
au moins laissait une empreinte sur l'enduit.
Détails du
système de sondage au suif
Ce procédé d'utilisation, relativement simple,
consistait donc à recueillir les différentes
sortes de sédiments et débris de coquilles collés
à l'enduit de suif. Cependant, l'hydrographe devait
être aussi capable d'estimer la dureté du fond
en y faisant tosser ou sonner son plomb. Ceci pour permettre
de reconnaître un fond dur de roche sous une couche
superficielle de sable. L'utilisation d'une perche pour accéder
aux variations verticales du sédiment fut même
utilisée, le plus souvent pour mesurer l'épaisseur
de vase.
Certains sédiments trop grossiers ne pouvaient pas
être remontés par le plomb et ne laissaient que
leur empreinte. Les cailloutis par exemple laissaient de petites
traces sur le suif, celles des galets étaient plus
arrondies.
Lorsque l'on compare avec des données récentes,
l'on observe que les faciès à galets et cailloutis
sont dans certains cas sous-représentés au profit
de la roche, du fait de l'ouverture restreinte du plomb.
Utilisation de la donnée
Les observations au plomb suiffé
sont les renseignements les plus importants en quantité
sur la plupart des plateaux continentaux même aux abords
de la métropole. Ils se limitaient le plus souvent
à la zone côtière (positionnement au cercle
hydrographique, plus grande fréquence des levés
par petit-fonds) ; mais de telles informations ont parfois
été obtenues par plusieurs milliers de mètres
de profondeur.
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Extrait d'une minute
au plomb suiffé : Le Palais (Belle Ile)
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Zoom sur l'extrait de la minute au
plomb suiffé (Le Palais - Belle Ile)
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La nature du fond était abrégée puis
portée à côté de la sonde mesurée.
Exemples : R = roche, S = sable, S.f. = sable fin, G = gravier,
Mad = madrépores (du maërl dans le cas de la figure
ci-dessus), V = Vase, Coq = coquilles, Coq br. = coquilles
brisées, V. v. = vase verte, V. n. = vase noire, V.
m. = vase molle, S. g. = sable grossier, etc.
Se référer à l'ouvrage " 1D "
(rubrique nature du fond) pour un inventaire exhaustif.Dans
le cas d'une nature du fond multiple, la nature dominante
est indiquée la première.
Exemple : Sf. V. Coq. = Sable fin avec de la vase et des coquilles.
Les données plomb suiffé ont toujours été
utilisées pour fournir une indication de la nature
des fonds sur les cartes marines. Pour la réalisation
de cartes sédimentologiques l'utilisation des minutes
de plomb suiffé s'impose lorsque ces données
sont les seules disponibles ; mais le plus souvent, ces données
viennent en complément des données récentes.
Elles permettent alors de caractériser la pérennité
des fonds, ou montrent au contraire leur variabilité
au cours du temps ; l'observation de telles variations peut
motiver la réalisation de nouveaux levés hydrographiques.
Ces données sont en cours de numérisation pour
une intégration dans la Base de Données Sédimentologiques
du SHOM (BDSS).
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La vidéo sous-marine
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Généralités et objectifs
La photographie sous-marine est un complément
utile pour affiner la connaissance de la rugosité et
de la variabilité des fonds sur des surfaces de quelques
mètres carré. Cette technique apporte l'information
nécessaire entre le prélèvement très
ponctuel (qui correspond à quelques centimètres
d'épaisseur de sédiments) et le sonar latéral
qui offre les informations sur les structures sédimentaires
décamétriques. La photographie est donc avant
tout un outil permettant la classification des petites structures
sédimentaires. Seules les photographies permettent
par exemple de :
- détecter les petites structures sédimentaires
comme les rides (H<0,06m, 0.04<
<0,6m),
- comprendre l'organisation des particules grossières
dans les milieux hétérogènes,
- observer les marques de courants et le déplacement
des particules,
- déterminer la rugosité des fonds,
- identifier des blocs (souvent trop volumineux pour les
bennes, mais trop petits pour être décelés
au sonar latéral),
- observer les organismes benthiques et leur impact sur
le fond.
Elles ne permettent par contre que rarement
de déterminer la granularité à cause
du masquage par les organismes et de la fréquente existence
d'un voile pélitique.
La vidéo et les photos sont utilisées pour :
- reconnaître les objets et structures de petite
taille non décelable par méthode acoustique
ou par prélèvement (algues, pierres, bancs
de coquilles, rides de sable),
- calibrer les images acoustiques obtenues par sonar
latéral ou sondeur multifaisceaux,
- étudier la dynamique sédimentaire par
prise de vue récurrente.
Les descriptions par plongeur
Réalisation des descriptions
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Lors de la mise en place d'instruments de mesure (courantomètres,
marégraphes côtiers, houlographe) ou lors
d'investigation d'épaves pour cotation et reconnaissance,
les plongeurs du SHOM réalisent des prélèvements
et des descriptions visuelles. A l'instar de la caméra
sous-marine, des photos et des données plomb suiffé,
ces données renseignent sur l'hydrodynamisme et
sur l'homogénéité sédimentaire
de la zone. |
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Prélèvement
par plongeur
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Les bennes de prélèvements
: la benne Shipeck et la benne Van Veen
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Les premiers prélèvements
à la benne par les bâtiments hydrographiques
datent de la fin du XIXe siècle mais l'essentiel
de ces prélèvements a été acquis
récemment par le SHOM et les universités partenaires.
Présentation de la benne Shipeck
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La benne Shipeck est un instrument
de prélèvement ponctuel de sédiment.
Elle permet de ramener une quantité suffisante
de sédiments (quelques centaines de grammes)
pour effectuer des analyses granulométriques
en laboratoire. La surface ainsi échantillonnée
est d'environ 4 dm2.
Légère (60 kg), la benne Shipeck est composée
de deux parties :
le contrepoids, le système de déclenchement
et les deux puissants ressorts appartiennent à
la partie supérieure fixe,
un godet semi-cylindrique articulé, qui
pivote autour d'un axe horizontal sous l'action des
ressorts.
Au contact du fond, le contrepoids tombe sur le système
de déclenchement et entraîne la rotation
de la mâchoire et la fermeture de la benne. Le
sédiment ainsi piégé est peu perturbé
et non lessivé. Il donne lieu à une première
interprétation visuelle.
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Benne Shipeck
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Présentation de la benne Van Veen
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La benne Van Veen est un instrument de prélèvement
ponctuel de sédiment utilisé sur les vedettes
des bâtiments hydrographiques pour permettre des
prélèvements par petit fonds sans devoir
mettre en uvre un portique. L'objectif est de
ramener une quantité suffisante de sédiments
pour effectuer des analyses granulométriques
en laboratoire et déterminer la nature des sédiments
superficiels. La surface ainsi échantillonnée
est d'environ 1 dm2.
Légère (20 kg), la benne Van Veen est
composée de deux mâchoires maintenues écartées
par un crochet. Dès que les mâchoires touchent
le fond, le crochet se désengage, et lorsque
la corde est tirée, les mâchoires se referment
du fait du rapprochement des bras de leviers et prélèvent
le sédiment sur une surface d'environ 0,1 m2.
Les données
Chaque prélèvement fait l'objet d'une
étude sédimentologique et granulométrique
au laboratoire. L'échantillon passe d'abord sur
une colonne de tamis pour obtenir la granulométrie
de la partie grossière. Le poids de chaque refus
de tamis est traité avec le logiciel Granush
qui calcule les paramètres sédimentologiques
de l'échantillon (asymétrie, classement
...). A l'issue de cette étape, le sédiment
est nommé selon la norme de classification du
SHOM. Pour les sédiments les plus fins, une analyse
granulométrique complémentaire est réalisée
à l'aide du microgranulomètre laser du
SHOM (Laboratoire d'analyse SHOM-IFREMER).
Outre l'analyse granulométrique,
une mesure du taux de carbonate de calcium est réalisée
afin de quantifier la proportion de coquilles dans le
sédiment, paramètre influant également
sur la perception du fond par les systèmes acoustiques.
L'information donnée par les
prélèvements est la base de la cartographie
sur laquelle reposera l'interprétation des données
d'imagerie acoustique. Comme avec les autres systèmes
d'acquisition de données sédimentologiques,
seule la confrontation de différentes données
pourra permettre la réalisation de cartes des
fonds telles que les cartes G. Les données issues
de prélèvements à la benne sont
systématiquement intégrées dans
la BDSS.
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Benne Van Veen
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Les carottiers : Le carottier Küllenberg
et le carottier d'interface
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Dans un secteur géographique donné, la première
phase consiste à rechercher des processus sédimentaires
mis en jeu à partir des données géophysiques
(géomorphologie, sismique) et de l'imagerie issue des
sondeurs multifaisceaux et sonars latéraux. La localisation
des carottages est alors définie afin de définir
chaque environnement sédimentaire sans devoir multiplier
ces prélèvements qui sont primordiaux pour pouvoir
caractériser les fonds mais dont l'acquisition et l'analyse
sont coûteuses.
Présentation du carottier Küllenberg
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Le carottage permet d'obtenir
en un point la connaissance de la variabilité des
sédiments sur une épaisseur de plusieurs
mètres (jusqu'à 10 m pour le système
utilisé par les missions du SHOM). Le carottier
utilisé est de type Küllenberg sur le Beautemps
Beaupré. |
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Carottier Küllenberg paré
à être descendu au fond
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Plan du carottier Küllenberg
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Le carottier est descendu au fond de la mer via un câble,
lorsque le contrepoids touche le fond, le basculement du bras
de levier déclenche la chute libre du carottier. Grâce
à sa masse et au lest, celui-ci s'enfonce dans le sédiment,
et cela d'autant mieux lorsque ceux-ci sont fins et gorgés
d'eau. Le piston reste au contact de l'interface eau-sédiment
et limite ainsi les perturbations liées à l'effet
de pieu. Il améliore également la pénétration
du sédiment dans le tube en PVC par un effet d'aspiration.
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Différentes phases durant un
carottage réalisé à l'aide d'un
carottier Küllenberg
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Découpe du tube en PVC en tronçon
de 1 mètre
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Sur le pont, la chemise PVC est extraite du tube du carottier
puis coupée en tronçons de 1 mètre.
Les extrémités sont soumises
à une première observation visuelle et à
une mesure de la température, avant d'être protégées
par du polystyrène et encapuchonnées; les analyses
des sections sont ensuite réalisées en laboratoire.
Elles consistent en la mesure de la granularité, de
mesures physiques (scissométrie, célérimétrie,
colorimétrie,
) et de prise de vues.
Présentation du carottier d'interface
Le carottier d'interface est choisi lorsque l'on souhaite
connaître précisément la nature et la
disposition des sédiments de surface (premier mètre).
Ce carottage est aussi bien utilisé par petits fonds
que par grands fonds (maximum 6000 m). Il peut être
utilisé avant un carottage Küllenberg afin de
s'assurer une connaissance parfaite de la couche sédimentaire
superficielle, car le carottage Küllenberg déstructure
parfois les premiers décimètres de sédiments.
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Le fonctionnement du
carottier d'interface est basé sur la pénétration
du tube dans le sédiment par l'effet conjugué
de la masse du lest mobile qui appuie sur le tube et
l'inertie imprimée à l'ensemble mobile.
Lors de la remise sous tension du câble une fermeture
étanche du tube se met en place à la partie
supérieure du tube en plexiglas transparent.
Le sédiment ramené dans le tube est alors
maintenu par aspiration jusqu'à la surface eau
/ sédiment. Les mâchoires de fermeture
situées à la base du carottier se referment,
le tube étant alors hermétiquement fermé.
Le carottier est remonté à la surface.
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Carottier d'interface (une carotte
est visible à l'intérieur du tube en plexiglas
transparent)
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Analyses en laboratoire
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Etudes des carottes
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Les mesures réalisées
à l'aide d'un banc de mesures non destructives,
c'est à dire obtenues sans ouvrir les carottes
sédimentaires permettent d'obtenir des valeurs
de la densité, de la susceptibilité magnétique
et une valeur approchée de la célérité.
Ceci est fait le plus souvent à terre lorsque l'on
peut disposer du banc GEOTEK (laboratoire SHOM-IFREMER). |
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Banc Geotek
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Le plus souvent la première
opération consiste à ouvrir la carotte sur
toute sa longueur à l'aide d'un banc d'ouverture
de carotte. Une moitié servira de support de travail
et sera soumise à une description par un géologue,
à une prise de vue pour archiver les couleurs et
structures qui sont beaucoup plus visibles à l'ouverture.
Puis sont effectuées les analyses des propriétés
physiques des sédiments (scissométrie, célérimétrie,
spectrocolorimétrie) et enfin les prélèvements
pour l'analyse de la granularité et les études
sédimentologiques. La seconde moitié de
la section est archivée dans une lithothèque. |
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Exemple d'une carotte photographiée
à haute résolution
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La couleur est qualifiée
précisément à l'aide d'un spectrocolorimètre
fonctionnant en mode L*a*b* (Luminance X Spectre a X Spectre
b, recouvrant donc tous les spectres colorimétriques)
relié à un micro-ordinateur.
Les images obtenues (carotte, section de 1 mètre,
zooms...) sont nécessaires car les traces de
matières organiques vont rapidement s'oxyder
à l'air libre, masquant ainsi les variations
lithologiques. Un log descriptif vient ensuite détailler
la couleur, les séquences sédimentaires,
les perturbations ...
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Spectrocolorimètre
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Exemple de
FICHE DESCRIPTIVE d'une carotte
Prélevée le
10/06/2007 au large de la Sicile (SHOM/GOA - BBP)
Section 1 : 0-80cm
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D'autres mesures,
sont effectuées plus rarement tel que la datation
par radiochronologie ou micropaléontologie, qui
permettent de dater des évènements (telles
que les avalanches sous-marines) ou de définir
les taux de sédimentation ... |
Analyses de laboratoire pour les prélèvements sédimentaires
A partir des prélèvements
le nom du sédiment peut être établi afin
de réaliser des cartes à classification descriptive,
et on dispose en outre de paramètres granulométriques.
Ces derniers sont très variés et ont fait l'objet
de multiples synthèses. La littérature scientifique
regorge d'articles et de livres sur les avantages et inconvénients
des divers paramètres issus des analyses granulométriques.
Le SHOM réalise des analyses en laboratoire pour déterminer
selon des critères précis, les paramètres
granulométriques et les propriétés physiques
des sédiments.
Ces analyses sont relativement similaires, que les échantillons
aient été obtenus, à l'aide d'une benne
Shipeck, d'un prélèvement par plongeur ou d'un
échantillonnage dans une carotte :
- la granulométrie : ce sont des opérations
aboutissant à la séparation selon leur grosseur
des éléments constituant un échantillon,
en employant des tamis à mailles carrées
afin d'obtenir une représentation de la répartition
de la masse des particules à l'état sec
en fonction de leur dimension.
Exemple d'un prélèvement hétérogène
renfermant des particules très grossières et
d'autres plus fines
L'analyse granulométrique permet de :
- Déterminer la proportion des différentes classes
granulométrique constituant le sédiment.
- Donner un nom au sédiment (application en cartographie).
- Calculer des paramètres sédimentaires et géoacoustiques
qui seront archivés dans la BDSS.
Le schéma du mode opératoire
pour la granulométrie comprend trois méthodes
d'analyse qui découlent de la nature de l'échantillon.
Le premier cas correspond à un sédiment hétérogène
grossier. La méthode appliquée sera l'analyse
par tamisage après lavage. Le lavage est indispensable
pour éviter que les particules s'agglomèrent
en séchant à cause du sel.
Le second cas correspond à un sédiment homogène
fin. La méthode appliquée sera l'analyse par
microgranulométrie laser (avec une limite d'utilisation
de 2 mm avec le système utilisé par le SHOM).
Le troisième cas correspond au mélange de sédiments
fins et grossiers en proportion plus ou moins égale.
La fraction grossière sera analysée par tamisage
après lavage du sédiment. La fraction fine sera
analysée par microgranulométrie.
La suite des tamis utilisés par le SHOM (valeur des
mailles en mm), est la suivante :
20, 12.5, 10, 5, 2, 1.6, 1.25, 1, 0.8, 0.5, 0.4, 0.3, 0.18,
0.1, 0.05
Tamiseuse avec sa colonne de tamis complète
Chaque refus de tamis est pesé, ainsi que le fond.
Ces éléments dont les dimensions sont comprises
entre deux ouvertures de tamis définissent un intervalle,
une classe granulométrique. Chaque pesée est
inscrite sur la fiche d'analyse. Les résultats sont
saisis dans le logiciel Granush qui calcule les paramètres
sédimentaires de l'échantillon (assymétrie,
classement ...).
- la calcimétrie est la mesure du pourcentage
de carbonate de calcium (CaCO3) contenu dans un sédiment.
L'appareil demeurant le plus utilisé est le calcimètre
Bernard.
Calcimètre Bernard
On mesure le volume de gaz carbonique
(CO2) dégagé dans un tube manométrique,
après attaque de l'échantillon, sec, non lavé
et broyé, à l'acide chlorhydrique suivant la
formule :
CaCO3 + 2 HCL ' CaCl2 + H2O +
CO2
Broyeur électrique
La teneur en carbonate de calcium renseigne essentiellement
sur la proportion de débris de coquilles te de tests
d'organisme ceci est utile pour les études sur l'origine
des sédiments, sur le transport sédimentaire
et pour la modélisation géoacoustique.
- lla mesure de la célérité
est réalisée à l'aide d'un vélocimètre.
Celui-ci est essentiellement utilisé pour la modélisation
géoacoustique et pour le recalage des données
sismiques. Ces domaines nécessitent une grande
précision et donc l'obtention de mesures absolues.
La mesure doit être faite dès l'émersion
de la carotte. L'on peut alors rattacher la célérité
mesurée à la granularité du sédiment
et voir la variation en fonction de la profondeur et du
mode de dépôt.
Variation de la célérité mesurée
le long d'une carotte
Le présent système permet de :
créer une base de données de référence
de mesures de célérité, sur des sédiments
bien déterminés en terme de nature et de
processus de mise en place, afin de pouvoir attribuer
à chaque type de fond des paramètres acoustiques
qualifiés,
répondre rapidement aux besoins de la modélisation
acoustique lors d'opérations de reconnaissances
de l'environnement,
qualifier les données et modèles
géoacoustiques très disparates rencontrés
dans la bibliographie,
réaliser des études sur l'atténuation
dans les sédiments et sur les variations de célérité
en fonction de la fréquence d'émission.
L'objectif des mesures réalisées avec
ce système est de pouvoir transcrire en termes
acoustiques les cartes sédimentologiques incluses
dans la Base de Données Sédimentologiques
du SHOM (BDSS 2D). Dans cette Base de Données
surfacique, chaque zone peut être associée
à un log sédimentaire comportant les propriétés
sédimentologiques et physiques des sédiments.
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Bibliographie
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