Glossaire sur les courants de marée
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Le flot et le jusant
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De même que l'on distingue le montant et le perdant
dans l'oscillation verticale du niveau de l'eau, on distingue
généralement le courant de flot ou "flot" et
le courant de jusant ou "jusant", dans les oscillations horizontales
des particules d'eau.
Les courants de marée peuvent être alternatifs
ou tournants. Dans le premier cas, le flot a, pendant toute
sa durée (environ une demi-marée), une direction
à peu près invariable qui est généralement
sensiblement opposée à celle qu'a le jusant
pendant toute sa durée.
Dans le second cas, au cours d'une période de la
marée, le courant porte successivement dans toutes
les directions avec des vitesses qui peuvent varier entre
de larges limites.
Si les vitesses extrêmes sont très différentes,
on constate, en général, une faible variation
de direction quand la vitesse du courant est relativement
grande et une grande variation de direction quand la vitesse
du courant est relativement faible. Ce sont alors des courants
intermédiaires dits, selon les cas, "presque alternatifs"
ou "légèrement tournants".
La marée se manifeste comme une onde qui, en l'absence
d'obstacles, prend la forme d'une onde progressive : la
pleine mer (ou la basse mer) progresse à une vitesse
C dépendant de la profondeur H
selon la formule C = racine carrée (g H) où
g représente l'accélération
de la pesanteur. En présence d'un obstacle (une côte
par exemple), la composante de l'onde marée perpendiculaire
à l'obstacle donne naissance à une onde réfléchie
qui, en interférant avec l'onde incidente, génère
une onde stationnaire. L'heure de la pleine-mer relative
à une onde stationnaire pure est la même sur
une grande étendue, seule l'amplitude variant avec
le lieu.
- Dans le cas de l'onde progressive, le flot est
le courant qui accompagne la pleine-mer et porte dans
la direction de propagation de l'onde marée. Il
commence à mi-montant, atteint son maximum au moment
de la pleine-mer et s'achève au moment du mi-perdant
par l'étale (ou renverse) de flot. Le jusant est
le courant qui porte en sens inverse. Il commence à
mi-perdant, atteint son maximum au moment de la basse
mer et s'achève au moment du mi-montant par l'étale
(ou renverse) de jusant.
Un exemple d'onde progressive est fourni par la Manche où
l'onde marée se propage d'ouest en est. Au large
de Cherbourg, à mi-distance des côtes anglaises,
on observe le maximum du flot portant vers l'est sensiblement
au moment de la pleine mer de Cherbourg et le maximum du
jusant au voisinage de la basse mer. Mais plus près
de la côte, les renverses de courant tendent à
se rapprocher des étales de niveau.
- Dans le cas de l'onde stationnaire, le flot
est le courant qui accompagne le montant. Il atteint son
maximum au moment du mi-montant et s'annule au moment
de la pleine mer par l'étale (ou renverse) de flot.
Le jusant est le courant qui accompagne le perdant. Il
atteint son maximum au moment du mi-perdant et s'annule
au moment de la basse mer par l'étale (ou la renverse)
de jusant. Ces caractéristiques de courant sont
observées généralement près
des côtes.
Le phénomène de courant hydraulique qui
accompagne les variations de niveau dans les baies et estuaires
peut être assimilé au cas de l'onde stationnaire
: le courant de flot, dirigé vers l'amont, correspond
au remplissage. Il est maximum vers le mi-montant, lorsque
l'augmentation du niveau est la plus importante. Le courant
de jusant correspondant au cas inverse. La renverse de flot
a lieu au voisinage de la pleine mer et la renverse de jusant
au voisinage de la basse mer.
En général, on assiste à la superposition
d'ondes stationnaires et progressives pouvant avoir des
directions différentes. Il en résulte des
courants, éventuellement tournants, pour lesquels
:
- le flot, qui porte dans le sens de propagation
de l'onde incidente, est le courant qui commence entre
la basse mer et le mi-montant et est maximum entre le
mi-montant et la pleine mer ;
- le jusant, qui porte en sens inverse, est celui
qui commence entre la pleine-mer et le mi-perdant et est
maximum entre le mi-perdant et la basse mer.
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Les phases du courant
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L'étale de flot est le moment de
la renverse de courant qui marque la fin du flot. L'étale
de jusant est le moment de la renverse de courant qui marque
la fin du jusant. Il ne faut pas confondre les étales
de courant et les étales de niveau (pleines et basses
mers).
Les étales et les instants du flot et du jusant
maximum sont décalés d'un intervalle de temps
déterminé par rapport à l'heure de
la pleine mer dans un port de référence convenablement
choisi ; c'est-à-dire que le courant reprend la même
phase aux diverses heures rapportées à
l'heure de la pleine mer du port de référence.
Il existe parfois un léger retard de phase du courant
près du fond par rapport au courant près de
la surface, mais cette règle n'est pas valable près
de l'embouchure des fleuves à marée où
le flot s'établit souvent plus tôt près
du fond que près de la surface.
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La direction et la vitesse
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Ordinairement, les directions du courant
en vive-eau et en morte-eau sont les mêmes pour de mêmes
"heures de marée" du port de référence
(Les "heures de marée" sont les heures temps moyen,
comptées de 6 heures avant à 6 heures après
la pleine mer du port de référence. Il ne faut
pas les confondre avec les heures de marée de la règle
des douzièmes). Cependant, cette règle ne s'applique
pas toujours au voisinage de la renverse, la direction du
courant variant alors très rapidement. Lorsqu'une seule
direction de courant est fournie dans un document, sauf indication
contraire, il s'agit de la direction en vive-eau.
On appelle amplitude du courant sa vitesse maximum.
Elle varie avec l'immersion et l'amplitude de la marée.
La variation avec l'immersion est surtout sensible au voisinage
du fond en raison de phénomènes d'écoulements
turbulents qui se traduisent par une diminution de la vitesse
moyenne. Par fonds supérieurs à 40 mètres,
on observe également une légère diminution
près de la surface (de l'ordre de 20%) le maximum
du courant se situant entre 5 et 6 mètres d'immersion.
La variation de l'amplitude du courant avec l'amplitude
de la marée n'est pas identique selon que la marée
se comporte comme une onde progressive, une onde stationnaire
ou un phénomène hydraulique de remplissage
et de vidage d'un bassin, d'où la difficulté
de fixer une règle générale. Cependant,
pour les besoins de la navigation, l'expérience prouve
que la connaissance des valeurs du courant de marée
en vive-eau Vve et en morte-eau Vme
permet, par une règle de trois, d'obtenir la vitesse
correspondant au coefficient C :
V = Vme + ( C - 45 ) x ( Vve - Vme ) / 50
Lorsque le courant est alternatif, il est possible d'appliquer
la règle des sixièmes, analogue à
la règle des douzièmes pour les hauteurs de
marée. Elle suppose implicitement que les variations
de la vitesse du courant sont sinusoïdales. Elle s'exprime
ainsi pour la marée de type semi-diurne.
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La règle des sixièmes ou comment calculer
les courants de marée
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Appelons Vmax la vitesse de courant maximum.
Instant considéré
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Vitesse du courant
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Variation de la vitesse
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A l'étale
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le courant est nul
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-
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Une heure après l'étale
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Vmax / 2
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le courant a augmenté de Vmax.3/6
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Deux heures après l'étale
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Vmax . 5/6
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le courant a augmenté de Vmax.2/6
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Trois heures après l'étale ou trois
heures avant l'étale suivante
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le courant est à son maximum: Vmax
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le courant a augmenté de Vmax.1/6
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Deux heure avant l'étale suivante
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V max . 5/6
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le courant a diminué de Vmax .
1/6
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Une heure avant l'étale suivante
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Vmax / 2
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le courant a diminué de Vmax .
2/6
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A l'étale
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le courant est nul
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le courant a diminué de Vmax
. 3/6
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Les courants de marée sont mis en
tableaux ou présentés graphiquement (voir la
liste des atlas de courant de marée disponibles).
Les courants de marée ont des régimes
divers, alternatifs ou giratoires, tournant dans le sens horaire
ou non.
En régime alternatif, le courant
a une direction à peu près invariable pendant
une demi-marée et la direction opposée pendant
l'autre demi-marée. Dans les zones où la marée
a un caractère semi-diurne régulier, les étales,
les instants des maxima de flot et de jusant sont décalés
d'un temps déterminé par rapport à l'heure
de la pleine mer au port de référence convenablement
choisi. On dit que le courant reprend la même phase
aux diverses "heures de marée" du port de référence.
(Rappel : ces "heures de marée" sont
des heures temps moyen, à ne pas confondre avec les
"heures marée" de la règle des douzièmes).
Un courant giratoire porte, au cours d'une
marée, successivement dans toutes les directions avec
des vitesses qui peuvent varier entre de larges limites.
Les directions en période de vive-eau
et en période de morte-eau sont en général
les mêmes et ce pour les mêmes heures de marée
au port de référence. La vitesse peut, le plus
souvent, être considérée comme proportionnelle
au marnage.
En régime de courant établi
(hors période de renverse), le courant est le même
le long de la verticale d'un point, à l'exception du
voisinage du fond où des phénomènes hydrauliques
turbulents se traduisent par une diminution sensible de la
vitesse.
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