| Océanographie / Les courants |
20-08-2007 | |||||||||||||||||||||||||||||
Les navigateurs ont pourtant dû se
contenter pendant très longtemps de cette source d'information.
Ils ont pu trouver cette dernière dans les ouvrages
suivants :
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| (SHOM 1994) |
Pour exploiter ces planches il faut interpoler dans le
temps et dans l'espace afin d'évaluer la vitesse
et la direction du courant à l'instant et à
l'endroit voulus. Il paraît évident, surtout
en comparant ces planches à celles des atlas plus
récents présentés plus loin, que ce
travail ne permet pas toujours d'obtenir précisément
le résultat escompté, et que la mise en oeuvre
laborieuse d'une navigation à l'estime à partir
de ces données peut conduire à des écarts
de position très importants.
2. Les modèles |
L'idée d'aborder le problème d'un point de vue purement physique, consistant à résoudre les équations de l'hydrodynamique directement dans le milieu de propagation de l'onde de marée n'est pas nouvelle, mais sa réalisation pratique n'a pu aboutir que grâce aux performances actuelles des ordinateurs. Elle consiste à découper le domaine en éléments à géométrie simple, appelés mailles, et à leur appliquer les principes fondamentaux suivants :
Il en résulte que les variations de hauteurs d'eau ainsi que les variations de vitesse du courant dans une maille dépendent des hauteurs d'eau et des courants dans les mailles voisines. Toutes les mailles sont interdépendantes et le calcul de la variation des hauteurs et des courants doit être résolu globalement dans tout le domaine étudié.
Mais les mouvements ne peuvent exister que s'il y a un moteur : ce moteur est constitué par la marée aux limites ouvertes du modèle, plus précisément celles qui ne sont pas constituées par un trait de côte. Ce mouvement imposé se propage d'une maille à l'autre dans tout le domaine.
Les calculs sont effectuées à des intervalles de temps réguliers appelés "pas de temp" à partir d'une situation au repos. Les résultats ne sont exploitables qu'après une période de stabilisation correspondant habituellement à deux ou trois cycles de marée.
En pratique, les mailles sont des carrés, des rectangles ou des triangles. Le choix de leur dimension est fondamental : plus celle-ci est petite, plus la résolution, et donc la précision des résultats est bonne. En contrepartie, évidemment, plus les mailles sont petites, plus leur nombre, et donc le nombre de calculs à effectuer, est important pour une emprise donnée.
En outre, le pas de temps n'est pas indépendant de la dimension des mailles : un pas de temps trop important peut générer une instabilité numérique. La diminution de la dimension des mailles s'accompagne inévitablement d'une diminution du pas de temps. Il en résulte une augmentation considérable des temps de calcul et on est amené en pratique à choisir la dimension des mailles de telle sorte que ceux-ci restent raisonnables.
Une autre limitation importante est la connaissance de la bathymétrie. Il est en effet illusoire de vouloir affiner la résolution d'un modèle si la description du milieu n'est pas réalisée à une échelle équivalente. Or les cartes marines ne sont pas établies en vue de fournir une bathymétrie adaptée à la modélisation hydrodynamique. La représentation des profondeurs est en effet issue d'un choix de sondes dont la fonction essentielle est de faire ressortir les éléments intéressant la sécurité de la navigation. Si celle-ci est assurée, la densité des informations est souvent sacrifiée au profit de la lisibilité des cartes, et les reliefs susceptibles de présenter un danger sont accentués, ce qui fausse la représentation objective des fonds.
Le SHOM a entrepris en 1995 de constituer une Base de Données Bathymétriques (BDBS) destinée à rassembler sous forme numérique l'ensemble des données bathymétriques dont il dispose. La modélisation numérique des courants a bénéficié pleinement de ce progrès qui a permis d'atteindre aujourd'hui la résolution souhaitée dans les zones où les fonds tourmentés génèrent des courants très variables.
La figure 2 montre un exemple du maillage adopté
pour la réalisation de l'atlas de Bretagne Nord.
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Figure 2 (93 Ko) |
3. Les nouveaux atlas |
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Figure 3 (275 Ko) "courants de marée de la côte ouest de Bretagne" (SHOM 1994) |
Les premiers modèles développés au SHOM avaient des mailles carrées. Ce type de modèle est dit " aux différences finies ". Grâce à l'évolution des moyens de calcul, leur dimension a pu être ramenée de 2 km pour le Pas de Calais en 1988 à 150 m pour le modèle de la Rade de Brest en 1994. Les atlas suivants ont été réalisés à l'aide du système " TELEMAC " développé par le Laboratoire National d'Hydraulique de l'EDF. Ce système, dit "aux éléments finis" utilise des mailles triangulaires qui permettent une plus grande souplesse, la taille des mailles pouvant s'adapter à la variabilité du milieu et à la complexité du trait de côte. Des exemples de maillages aux abords de la Baie de Morlaix et du port de Trébeurden sont donnés par la figure 2. Certaines mailles, en particulier aux abords des ports, ont des dimensions de l'ordre d'une dizaine de mètres.
Par comparaison avec la figure 1, où seules les mesures sont représentées, l'exemple de la figure 3 montre de manière frappante l'amélioration apportée par la modélisation numérique. L'insuffisance des points de mesure entre l'Île d'Ouessant et Le Conquet est flagrante compte tenu de la variabilité et de la violence des courants dans cette zone, révélées par la figure 3. La modélisation numérique se révèle en l'occurrence un outil irremplaçable.
L'évolution des modèles numériques
s'est traduite non seulement par une meilleure résolution
spatiale, mais également, grâce essentiellement
à une meilleure prise en compte de la bathymétrie,
par une augmentation de la précision des résultats.
Il en a résulté une évolution de la
prise en compte des données observées. Les
résultats de mesures, naguère seuls représentatifs
de la réalité, ont été remplacés
par les résultats de calculs ; si les mesures demeurent
indispensables pour ajuster certains paramètres de
la modélisation, elles sont désormais inutiles
pour faire des ajustements a posteriori comme ce fut le
cas pour les premiers modèles.
4. Les résultats numériques |
Les modèles fournissent des informations à chaque point de maillage. Pour une raison évidente de lisibilité, il n'est pas possible de conserver toutes les valeurs calculées sur les cartes de courants imprimées. Des cartes à grande échelle sont proposées, mais il subsiste néanmoins une perte d'informations inévitable avec ce type de représentation.
Par ailleurs, en dépit de l'amélioration notable apportée par les modèles numériques, les difficultés relatives à l'utilisation pratique de ces documents ne sont pas totalement effacées. En effet, s'il est possible, grâce à la densité de points, d'éviter de procéder à des interpolations spatiales, le recours à de fastidieuses règles de trois est encore nécessaire pour les interpolations temporelles (prise en compte du coefficient, interpolation entre les heures).
Les résultats obtenus à partir des modèles
ont été regroupés dans des fichiers
numériques, dont la taille, en constante évolution,
est actuellement de quelques mégaoctets. Les capacités
de mémoire des ordinateurs actuels permettent de
contenir toutes ces informations sans difficulté,
mais si les données ne sont pas disposées
selon des mailles régulières, les programmes
d'exploitation n'en permettent pas un traitement aisé,
et les temps de d'accès peuvent être pénalisants
dans certains cas, par exemple pour les problèmes
de routage, où il peut être nécessaire
de procéder par approximations successives sur de
longs parcours.
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extrait de TELEMAC-2D |
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Les besoins sont différents selon le type d'utilisation. La meilleure résolution possible est souhaitable pour la navigation côtière ou pour répondre à des besoins écologiques très locaux, mais elle pourrait être pénalisante en termes de ressources informatiques, de temps de calcul ou simplement de lisibilité des documents pour d'autres applications. Des compromis sont donc à rechercher pour optimiser la précision et la rapidité d'accès à l'information.
Les échelles choisies pour les cartes des atlas de courants procèdent de tels compromis. L'exemple des abords de l'Île de Batz présenté sur la figure 4 montre que ce type de représentation s'accompagne nécessairement d'une perte d'informations.
L'évolution des moyens informatiques devrait permettre
dans un proche avenir d'éviter des choix qui peuvent
s'avérer parfois difficiles, grâce à
des logiciels susceptibles de couvrir une gamme étendue
de besoins à partir des fichiers de base issus directement
des modèles.
5. Exploitation des données |
Les traitements possibles dépendent de ces besoins, mais le plus élémentaire d'entre eux est incontournable : il s'agit de calculer le courant à l'endroit et au moment voulus. L'ordinateur se révèle alors une aide précieuse pour éviter les opérations qu'exige actuellement l'exploitation manuelle des cartes de courants :
L'ordinateur résout ces problèmes très aisément et permet, de ce fait, d'envisager une exploitation des fichiers numériques pour des exploitations qui seraient irréalistes par les méthodes manuelles.
Sans prétendre être exhaustif, il est possible de citer quelques applications :
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Figure 5 (230 Ko) Les courants maximums aux abords de l'îe de Batz |
[ 1. Exploitation des mesures | 2. Les modèles | 3. Les nouveaux atlas | 4. Les résultats numériques | 5. Exploitation des données ] |