Les mesures de courants de marées
Les mesures au point fixe (courantomètres
eulériens) sont réalisées grâce
à plusieurs types de courantomètres, en particulier
:
les courantomètres à rotor qui déterminent
le courant à leur point d'immersion ;
les profileurs de courant à effet Doppler qui
permettent la mesure du profil de courant sur une colonne
d'eau.
D'autres technologies sont employées pour mesurer le
courant au point fixe comme les courantomètres statiques
électromagnétiques ou les courantomètres
acoustiques.
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Le courantomètre à rotor
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(extrait
du manuel de l'hydrographe, volume 2)
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Constitution
Ce type de courantomètre permet de
mesurer les composantes du courant à une immersion
donnée. Il comprend les éléments suivants
:
un capteur de vitesse constitué d'un rotor à
axe vertical, monté sur pivot et profilé pour
avoir une réponse linéaire dans la plage de
mesure. Ce type de rotor est appelé rotor de Savonius.
Il tourne toujours dans le même sens ; un tour du
rotor correspond au déplacement réel d'une
particule d'eau d'une distance connue. Le système,
mécanique, a été défini pour
avoir un seuil de démarrage le plus faible possible
(seuil de démarrage, 2cm/s). Le rotor déclenche
la fermeture d'un contact électrique à chaque
demi-tour, fournissant ainsi une information électrique
proportionnelle au courant mesuré ;
une girouette profilée qui s'oriente selon la
direction du courant. Un accouplement magnétique
entraîne en rotation, à travers la cloison
supérieure de la tape du courantomètre, un
potentiomètre qui donne une information électrique
proportionnelle à la position angulaire de la girouette
par rapport à un repère fixe ;
un compas magnétique qui rapporte cette direction
du courant au Nord magnétique local. Il est nécessaire
de connaître la déclinaison locale (angle que
fait le Nord magnétique avec le Nord géographique)
afin de rapporter les directions des courants au Nord géographique
qui sert de référence. Il est conseillé
d'intégrer cette donnée lors du traitement
des données et non lors de l'initialisation de l'appareil
;
un capteur de pression et un capteur de température
;
une horloge interne à quartz qui date et gère
les séquences de mesures ;
un système d'enregistrement numérique
des valeurs ;
un bloc d'alimentation électrique ; en général,
des piles au lithium, ayant environ quatre ans d'autonomie
;
un bâti en cupro-aluminium ou en titane, renfermant
l'ensemble de l'électronique et de l'alimentation
électrique. Ce bâti peut, selon la version,
supporter des immersions de 1000 ou de 6000 m.
Mesures enregistrées
La mesure enregistrée est une mesure
moyenne effectuée par intégration vectorielle
du courant mesuré (en anglais Vector Averaging Current
Measurement ou VACM).
On mesure durant un temps donné, appelé période
d'intégration, le nombre de demi-tours effectués
par le rotor. A chaque demi-tour, la direction indiquée
par la girouette est elle aussi enregistrée. A la
fin de la durée de mesure, on additionne les vecteurs
enregistrés ( vitesse et direction) et on divise
par la durée d'observation. La mesure enregistrée
donne ainsi le vecteur moyen en direction et en vitesse
pendant la période d'intégration. Cette moyenne
permet de filtrer les effets indésirables des turbulences
et des fluctuations, selon le choix de la durée d'intégration.
L'utilisateur peut régler la cadence d'acquisition
des mesures, appelée période d'archivage.
Lorsque la période d'archivage est réglée
à une valeur supérieure à la durée
d'intégration, l'appareil est mis en veille entre
deux séries de mesures successives.
Limites et avantages
Cette technologie bien connue et maîtrisée
permet de réaliser des mesures de qualité pendant
de longues durées d'observation mais son utilisation
impose quelques précautions lors de la conception du
mouillage et durant sa mise en oeuvre.
L'utilisation d'éléments mécaniques
comme le rotor et la girouette ne permet pas de mesurer
des courants très faibles (seuil de démarrage
du rotor assez élevé de 2cm/s) De plus, le
système mécanique peut se trouver ralenti
voire bloqué par les crustacés et les algues
qui viennent se fixer sur le corps du courantomètre
malgré la présence d'une peinture antifooling.
Enfin, si le courantomètre subit une inclinaison,
il s'ensuit une erreur sur la vitesse et la direction. La
tolérance sur l'inclinaison de la ligne est d'une
vingtaine de degrés.
Le compas magnétique peut être perturbé
par une masse métallique placée au voisinage
du courantomètre. C'est pourquoi il faut, dans la
mesure du possible, éviter de placer un courantomètre
à rotor à proximité d'une épave
et faire attention à la nature des lests utilisés.
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Les profileurs de courant à effet
Doppler
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(extrait
du manuel de l'hydrographe, volume 2)
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Ces profileurs de courant utilisent comme
leur nom l'indique le principe de l'effet Doppler. Ils permettent
de déterminer la vitesse d'écoulement d'une
colonne d'eau sur plusieurs couches d'épaisseur déterminée.
Notions sur l'effet Doppler
Dans la vie courante, l'effet Doppler peut
être décelé, par exemple, lorsqu'une voiture
roule à grande vitesse devant un piéton. Le
bruit de la voiture entendu par le piéton passe de
l'aigu au grave. La voiture, c'est la source émettrice.
Elle émet une onde sonore de fréquence Fe. Ce
son se propage à la célérité C.
Le piéton sur le bord de la route, c'est le récepteur.
Il reçoit une onde de fréquence Fr. légèrement
différente de la fréquence émise Fe.
Ce décalage entre la fréquence émise
Fe et la fréquence reçue Fr s'observe lorsqu'il
y a un mouvement relatif entre le récepteur et l'émetteur.
Fr = Fe ( 1+ Vr/ C)
Avec C : célérité du signal dans le
milieu = 1500 m/s dans l'eau et 310 m/s dans l'air.
Vr : vitesse relative entre l'émetteur et le récepteur:
Vr > 0 en s'approchant, Vr < 0 en s'éloignant.
Principe de l'effet Doppler appliqué aux profileurs
Le profileur de courant à effet Doppler
est muni généralement de trois ou quatre transducteurs
acoustiques, orientés vers trois ou quatre directions
différentes et se comportant chacun en émetteur
et en récepteur. Il y a donc un double effet Doppler.
Voir figure.
Chaque transducteur émet un signal acoustique à
la fréquence Fe et reçoit le signal de réverbération
de volume suivant l'axe d'émission. Cette onde est
successivement réverbérée sur différentes
couches d'eau contenant des micro-organismes (crevettes,
copépodes) et des particules en suspension. Ces particules
sont supposées sans mouvement propre et ne se meuvent
qu'à cause du courant les emportant. La portée
du profileur dépend, en particulier, de la concentration
en micro-organismes et en particules dans le milieu.
Pour chaque transducteur, le signal reçu est échantillonné
en temps. Chaque échantillon est donc le signal réverbéré
par un volume d'eau. L'épaisseur de volume d'eau
est proportionnelle au pas d'échantillonnage en temps
du signal réverbéré ; l'estimation
de la fréquence en réception Fr se fait par
analyse spectrale sur chaque échantillon.
Avec plusieurs transducteurs acoustiques ( trois ou quatre),
au même instant, le profileur estime les composantes
radiales relatives aux transducteurs. Il estime l'immersion
de chaque composante radiale : en raison du roulis et du
tangage, les immersions peuvent sensiblement différer
entre les différentes vitesses relatives Vr. Les
composantes radiales sont alors redistribuées par
couche d'eau . Pour chaque couche j, il estime alors les
composantes de la vitesse en coordonnées terrestres
uj, vj et wj, en tenant compte de l'orientation des transducteurs.
Le profileur répète le processus sur une courte
période dite d'intégration. On obtient les
valeurs moyennes des mesures.
Les appareils et les différents modes d'utilisation
Fréquence et portée
Les fréquences d'émission vont de 75 à
1200 kHz selon le type d'appareil, de portées respectives
700 à 30 m.
Mode d'utilisation
On utilise le profileur de courant de diverses manières
:
- en mode autonome,
installé dans une cage et posé sur le fond
( voir photo), placé sur une ligne de mouillage ou
accompagnant une station bathycélérimètrique
( Lower Acoustic Doppler Yo-Yo ou LADY)
Profileur de courant à effet Doppler, 600 kHz
, dans sa cage de mouillage
Le profileur autonome mesure le courant sur une colonne
par tranches d'eau et oriente le courant par rapport au
nord magnétique à l'aide d'un compas magnétique
interne. L'orientation des axes d'émission des transducteurs
est assurée par deux inclinomètres. Un capteur
d'immersion (pressiomètre) permet de recaler les
mesures en profondeur.
Les mesures sont enregistrées dans le module d'acquisition
du profileur. Après récupération du
profileur, les données sont transférées
sur un calculateur puis traitées.
- embarqué à bord d'un navire
Les transducteurs du profileur embarqué
sont placés sous la coque du navire. Ils mesurent le
courant sur une colonne par tranches d'eau d'épaisseur
prédéterminée. La position, la vitesse
et le cap du navire sont enregistrés et pris en compte
lors du calcul des vecteurs de courants de chaque tranche
d'eau. Les mesures sont enregistrées et visualisées
en temps réel sur un calculateur.
Limites et avantages de ces profileurs
Un profileur remplace avantageusement plusieurs
courantomètres classiques placés à des
immersions données. Il réalise des mesures de
qualité pour des courants faibles et forts ( 0 à
20 noeuds). Son faible encombrement permet de mesurer les
courants dans les passes et les chenaux sans déranger
la navigation mais en contre partie, ce type de matériel
immergé est susceptible d'être déplacé
par les chaluts ou autres fortunes de mer.
Ce type de profileur présente une zone aveugle de
mesures d'environ 1m à proximité directe des
transducteurs. Ceci peut nécessiter l'utilisation
complémentaire d'un courantomètre classique.
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Les radars haute fréquence
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Dans le cadre de l'action VIGICOTE,
volet d'un programme d'études amont de la délégation
générale de l'armement, le SHOM a fait
l'acquisition d'un nouveau système de mesures
de courants de surface basé sur l'exploitation
des signaux rétrodiffusés par les vagues,
émis par des radars haute fréquence.
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