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Les Marégraphes côtiers numériques
Technologie et types d'installations
Principe de fonctionnement
Depuis 1992, le SHOM a décidé
de placer sur les côtes françaises un réseau
de marégraphes numériques permanents, appelés
MCN (marégraphes côtiers numériques).
Le MCN est équipé d'un télémètre.
Ce télémètre, placé au-dessus
de la surface de l'eau, peut être un transducteur à
ultrasons ou un télémètre à ondes
électromagnétiques (radar). Le télémètre
émet un court train d'impulsions et détecte
le signal réfléchi. Le temps écoulé
entre l'émission et la réception du signal est
traduit en hauteur d'eau comme suit :
hm = H - ½ c Dt
hm : hauteur d'eau due à la marée.
H : cote en m du transducteur au-dessus du zéro hydrographique.
c : célérité acoustique dans l'air en
m / s.
D t : intervalle de temps en s.
Le Schéma de l'observatoire de Brest-Penfeld illustre
ce principe.
Le télémètre est placé dans un
puits ou un tube de tranquillisation permettant de filtrer
mécaniquement la houle (période moyenne 5 à
8 s) et le clapot extérieurs (période 2 à
5s). Le puits (ou tube) de tranquillisation sert par ailleurs
de guide d'onde et empêche l'onde ultrasonore d'être
perturbée par les flux d'air (vent). Globalement un
transducteur à ultrasons perd 50% de sa portée
hors puits ou conduit.
Le MCN enregistre une mesure périodiquement. Cette
mesure est une moyenne effectuée sur une série
continue de mesures réalisées durant une période
fixée par l'opérateur, appelée période
d'intégration.
Afin de filtrer numériquement la houle et le clapot
résiduels, les mesures enregistrées sont intégrées
sur une période de temps en général de
2 minutes avec une cadence de mesure de 10 minutes.
Les données acquises sont retransmises régulièrement
par modem, via le réseau téléphonique,
au SHOM.
La fiabilité à long terme des Marégraphes
Côtiers Numériques est garantie par l'absence
de toute pièce mobile, la diminution des interventions
humaines, sources d'erreurs et par l'installation du capteur
hors de l'eau, ce qui supprime les risques de chalutage, de
corrosion, etc.
Le télémètre de mesure
La technique employée par les MCN
est basée sur la mesure du tirant d'air soit par ultrasons,
soit par ondes électro-magnétiques (RADAR).
Le transducteur ultrasonore
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Le transducteur
ultrasonore émet dans l'air à 41,5 kHz
pour un angle d'émission de 5° à -3 db et
une portée de 0,6 à 15 mètres. Le câble
standard reliant le capteur à la centrale d'acquisition
est de 15m mais il peut être rallongé en cas
de problème de déportation pour l'installation
de la centrale. La portée s'entend avec une réflexion
sur un liquide au repos, en plein air il faut prévoir
une réduction de 50% par grand vent.
Une sonde de température
KTY 10 située au niveau du transducteur effectue
une compensation automatique en température.
Un coffret électronique étanche
contient l'électronique d'excitation de transducteur
et de mesure des signaux reçus et qui assure la correction
de mesure de niveau en température.
Le MCN effectue la mesure de la température de l'air
ambiant pour corriger la mesure de tirant d'air. La célérité
acoustique dans l'air varie et dépend en effet des
paramètres suivants :
- pression
- température
- humidité
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C : célérité acoustique dans l'air en
m/s.
P : pression atmosphérique en hPa
t : température de l'air en °C
U : humidité relative de l'air
Les variations de la pression atmosphérique et de l'humidité
relative de l'air ont peu d'effet sur la célérité
: les négliger engendre une erreur de mesure sur la
hauteur d'eau inférieure à 1 cm pour un transducteur
placé à 10 m au-dessus de l'eau (le terme
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La température est par contre un paramètre important.
Négliger ce paramètre cause une erreur de mesure
sur la hauteur de près de 2 cm/ ° C, pour un transducteur
placé à 10 m au-dessus du niveau de l'eau.
En raison de la source d'erreur importante que constitue le
gradient de température dans le puits (ou tube de tranquillisation),
les transducteurs ultrasonores ne sont plus installés
que dans les ports à faibles marnages, soit les ports
de la Méditerranée.
Les télémètres
radar
La veille technologique effectuée au SHOM a
conduit à adopter à partir de 1997 les télémètres
à émission électromagnétique en
lieu et place des télémètres acoustiques
dans les ports à fort marnage (plus de 6 mètres
en vive-eau moyenne). Ces télémètres
cumulent en effet les avantages de pouvoir mesurer les marnages
les plus importants grâce à une portée
du signal d'environ 30 m et d'être insensibles aux variations
de température, de part la nature même du signal.
Deux types de télémètres radar sont utilisés
au SHOM : le BM70 et le BM100 de Krohne.
Le premier émet un train d'impulsions électromagnétiques
dans l'air alors que le deuxième émet ce même
train d'impulsions le long d'un câble spécial,
ce qui permet de détecter avec une grande précision
l'interface air-mer.
Par ailleurs, le BM70 doit être mis en uvre dans
un tube de tranquillisation en acier inoxydable de diamètre
90 mm, tandis que le capteur BM100 fonctionne de façon
nominale dans un puits ou tube de tranquillisation de diamètre
supérieur à 300 mm.
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Un test
de Van de Casteele effectué le 18 avril
2003 sur le site de Penfeld a révélé
les très bonnes performances du capteur radar BM70.
La centrale d'acquisition MARELTA
La centrale MARELTA, développée
par la société ELTA selon les spécifications
de l'EPSHOM, permet de traiter le signal du télémètre.
Le traitement du signal consiste à échantillonner
le signal sur 2 minutes et en calculer la moyenne. La valeur
moyenne est archivée à une date correspondant
au milieu de la période d'intégration comme
le montre le schéma ci-dessous :
La période d'archivage est fixée
à 10 mn.
La centrale permet également d'émettre des alarmes
en cas de dépassement de la mémoire, de dépassement
de seuils de hauteurs d'eau, de coupure du secteur.
La récupération des données
Les données stockées dans
la centrale d'acquisition sont retransmises régulièrement
via le réseau téléphonique, vers un logiciel
superviseur installé au SHOM et le cas échéant
vers les autorités portuaires intéressées
par ces données pour leurs propres usages. Les alarmes
générées par la centrale sont immédiatement
transmises par le réseau téléphonique
de la centrale vers le logiciel superviseur.
Par ailleurs, il est possible de placer en parallèle
à la centrale d'acquisition, en sortie du transducteur,
un répétiteur d'informations qui permet l'affichage
des hauteurs observées en continu et en temps réel
ou l'envoi de cette information via un système VHF
vers des navires.
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