Théorie anciennes
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Aux environs de 330 avant Jésus-Christ, le grec Pytheas
partit de Marseille, qui était alors une colonie grecque,
pour un long voyage vers les Iles Britanniques. Il observa
alors des marées d'amplitude insoupçonnée
dans le monde méditerranéen et fit une découverte
fondamentale : la marée était d'une manière
ou d'une autre contrôlée par le mouvement de
la lune. Non seulement il constata qu'il y avait deux pleines
et basses mers par jour lunaire, mais également que
l'amplitude de la marée dépendait des phases
de la lune. Cette découverte peut être considérée
comme le point de départ des recherches sur la théorie
des marées.
Vers la même époque, Sélerrens de Babylone
observait les marées du Golfe Persique et signalait
les effets de la déclinaison des astres sur l'amplitude
de la marée.
Quelque 150 ans plus tard, un astronome grec Selukos, observant
la marée de la Mer Rouge, découvrit les inégalités
diurnes et relia leur amplitude à la déclinaison
de la lune.
Au premier siècle avant J.-C., Posidanius de Rhodes
établit pour les marées des côtes d'Espagne,
un tableau donnant la concordance de leurs variations diurnes,
semi-diurnes et mensuelles avec les mouvements de la Lune
et du soleil. Strabon au début de l'ère chrétienne
décrit les marées du Portugal, d'Angleterre,
du Danemark d'Italie et du Golfe Persique. Vers la même
époque, Pline l'Ancien mentionne l'établissement,
l'âge de la marée et les variations annuelles
de l'amplitude des vives-eaux.
Ainsi, il y a plus de deux millénaires,
les caractéristiques les plus importantes de la marée
étaient connues, grâce en particulier aux observations
des Grecs dans les Îles Britanniques et en Mer Rouge.
Il fallut pourtant attendre plus de 1700 ans avant qu'une
explication satisfaisante fût donnée à
ce phénomène.
Pendant cette période les explications
les plus étranges ont pu être avancées,
parfois dues à des esprits scientifiques éminents.
Bede the Venerable, un moine britannique (673-735) pensait
que le jusant était dû au souffle de la Lune
sur l'eau, le flot intervenant lorsque l'astre s'éloignait.
Un savant arabe Zakariya al-Qwazwini (1203-1283)
tenta la première explication scientifique. Selon lui,
la marée montante était due à l'expansion
thermique de l'eau échauffée par la Lune et
le Soleil. Son hypothèse cependant ne pouvait à
l'évidence pas expliquer pourquoi la Lune jouait le
rôle le plus important.
L'astronome allemand Kepler (1571-1630), était convaincu
que l'explication devait être recherchée dans
une force attractive de la Lune et du Soleil, force qui devait
être une sorte de magnétisme. Il était
probablement inspiré par la récente découverte
du magnétisme terrestre par Gilbert.
Le physicien et astronome italien Galilée (1564-1642),
se dit surpris que Kepler s'intéressât à
l'action de la Lune sur l'eau et à des phénomènes
occultes et autres enfantillages. Lui-même croyait,
soutenant la théorie de Copernic de la rotation de
la terre, que les marées étaient générées
par l'effet combiné de la rotation de la terre autour
de son axe et de son mouvement orbital autour du soleil. Ces
mouvements étaient censés engendrer des oscillations
des océans qui se manifesteraient par la marée.
Descartes (1596-1650), quant à lui défendit
l'idée de l'origine lunaire des marées. Selon
lui, la lune et la terre sont chacune entourées d'un
grand tourbillon. La pression exercée par le tourbillon
de la lune sur celui de la terre était transmise à
la surface de la terre et générait les marées.
Le mathématicien anglais Wallis (1642-1727), proposa
en 1666 une version amendée de la théorie de
Galilée en cherchant à y inclure l'influence
de la lune. Il proposa d'expliquer les oscillations de la
marée non seulement par le mouvement de la terre autour
du soleil, mais également par son mouvement autour
du centre de gravité du système terre-lune.
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