Définition - Techniques de mesure au sein du projet Modycot (Modélisation de la Dynamique Côtière) |
[ Rappel sur la turbidité | Les mesures optiques | Les mesures MES | Corrélation MES/NTU | Les mesures chimiques complémentaires ] |
Rappel sur la turbidité |
La turbidité de l'eau vient de la présence de
diverses matières en suspension telles que argiles, limon, matière
organique et minérale en fines particules, plancton. Les matières
en suspension sont définies comme étant l'ensemble du matériel
particulaire entraîné passivement dans l'eau (vivant ou détritique,
minérale ou organique). La turbidité correspond à la propriété
optique de l'eau qui fait que la lumière incidente est diffusée
ou absorbée. Il s'agit d'un paramètre dont la signification dépend
de la technique de mesure utilisée. Plusieurs mesures optiques rendent
compte de la turbidité.
Les mesures optiques |
Mesures au disque de Secchi :
Le disque de Secchi permet d'apprécier la transparence
de l'eau vue par un il humain. C'est la seule mesure dont on dispose
actuellement pour prendre en compte à la fois les caractéristiques
optiques de l'eau (teneur en particules), la pénétration de la
lumière du jour, le contraste et la perception de l'il. Cette transparence
dépend de la coloration de l'eau (liée à la présence
de substances dissoutes) et des teneurs en MES, provenant du lessivage des sols
(particules terrigènes), de l'érosion des fonds marins et de l'activité
biologique.
Mesures de transmissiométrie :
Les mesures de transmissiométrie sont des mesures optiques permettant
de calculer le coefficient d'atténuation, c,
lié aux teneurs en particules en suspension dans l'eau de mer. Cet appareil
mesure la transmission de lumière à 660 nm à travers
une trajectoire connue (10 cm). On en déduit un
facteur de transmission par mètre : t.
| , avec r = 1 mètre. On a donc
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Ce =
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coefficient d'atténuation
dans l'eau |
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coefficient d'atténuation de l'eau pure |
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coefficient d'absorption de substances en solution |
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coefficient d'absorption des particules |
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coefficient de diffusion des particules |
Si cette mesure n'est actuellement pas validée sur le plateau continental
atlantique français en terme de charge en particules, elle demande à
être sérieusement exploitée car elle fournit
directement la valeur de c. L'autre intérêt de cette mesure,
c'est qu'elle est acquise en temps réel
avec les mesures bathysonde avec un profil continu.
Mesures NTU :
La mesure NTU est une méthode néphélométrique
actuellement normalisée pour mesurer la turbidité
de l'eau. Le turbidimètre néphélométrique mesure
l'intensité de la lumière dispersée à un angle de
90 degrés par rapport au trajet de la lumière incidente.
Cette mesure détermine donc le coefficient angulaire de diffusion ß90.
Dans le cas de petites particules, on calcule le coefficient
de diffusion totale, b, à partir de ce paramètre ß90.
Cette diffusion est surtout liée aux matières en suspension et
elle dépend de la taille, de la forme et de l'indice de réfraction
des particules ainsi que de la longueur d'onde de la lumière incidente.
Les substances dissoutes agissent très peu sur ce coefficient de diffusion
(dans le cas d'une eau pure sans particules :
).
Pour déterminer la part de la diffusion liée aux MES, il faut
soustraire de b la part liée à la diffusion moléculaire
b0, caractéristique de l'eau pure. Toutefois, pour les eaux côtières,
cette part est négligeable et même pour les eaux du large,
(à condition d'effectuer
la mesure de diffusion pour un angle
).
Cette mesure consiste donc à déterminer la diffusion (réflexion
+ réfraction + diffraction) de la lumière, abstraction faite de
l'eau pure. Il s'agit donc bien d'un paramètre
lié à la présence des particules en suspension.
Les mesures de MES |
Cette mesure permet de mesurer la quantité
de particules en suspension. La méthode consiste à filtrer
l'eau de mer sur une membrane filtrante afin de retenir toutes les particules
de taille supérieure à 0,5µm. Le rapport
entre la pesée du filtre (masse sèche totale de matières
en suspension) et le volume filtré détermine
la concentration de ces particules dans l'eau (exprimée généralement
en mg/l).
Corrélation MES/NTU |
La turbidité, telle qu'elle est définie dans la méthode
néphélométrique correspond à une mesure non spécifique
de la concentration des solides en suspension. Des particules, en concentrations
très différentes, peuvent avoir les mêmes valeurs de turbidité
si elles sont de types très différents. Car la mesure néphélométrique
de turbidité est fonction de la concentration, de la taille, de la forme
et des coefficients de réfraction des particules présentes.
La corrélation entre le coefficient de diffusion b et la masse totale
des MES dépend donc de :
Le coefficient de corrélation entre la mesure optique
et la masse des particules est donc lié à la nature de ces particules.
Ce facteur va ainsi avoir une composante géographique, selon que l'on
sera plus ou moins éloigné d'une embouchure de fleuve, et une
composante saisonnière importantes.
Seules les analyses complémentaires peuvent permettre de renseigner sur
les différents types d' échantillons, selon qu'ils sont plus ou
moins favorables à une dominante biogénique ou lithgénique.
D'une manière générale, la corrélation
entre le coefficient de diffusion et la teneur en MES est tout à fait
satisfaisante pour une région donnée. Pour obtenir une relation
cohérente entre la turbidité et les matières en suspension,
il faut se référer à un même milieu, et ce, à
condition que toutes les mesures de turbidité aient été
faites avec le même appareil, calibré avec les mêmes étalons.
Les mesures chimiques complémentaires MES/NTU |
Etant donné que
1 - la production primaire dépend de la quantité
de lumière et de la disponibilité en nutriments,
2 - la teneur en particules terrigènes dépend de la proximité,
du débit et de la direction de l'écoulement des fleuves,
3 - l'ensemble du particulaire (biogène et terrigène) est soumis
à la situation dynamique des masses d'eau (advection et mélange
turbulent),
cette analyse ne peut se faire sans les informations complémentaires
suivantes :
Ces interactions fortes entre les processus physiques,
chimiques et biologiques dans la turbidité sont nécessairement
prises en compte dans le modèle de turbidité MARS-T3D. Ces mesures
complémentaires sont donc utiles à sa calibration et à
sa validation. Pour la turbidité, il est actuellement prévu de
calibrer le modèle grâce aux concentrations en matière en
suspension. L'étude, permettra à terme, de définir la relation
spécifique au plateau continental atlantique français entre les
teneurs en particules et les propriétés optiques de l'eau de mer.