Action "VIGICOTE" : mesure des vagues et courants de surface en mer d'Iroise par radar HF - temps réel



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 Cadre institutionnel



Afin de préparer les systèmes de prévision océaniques du futur, la Délégation Générale de l'Armement finance un Programme d'Etudes Amont "Modélisation d'un théatre d'Opération Navales", lancé en 2001. Ce programme comprend plusieurs volets dont l'un est l'expérimentation de nouveaux moyen de mesure pour la zone côtière. Le SHOM qui pilote ce programme a fait l'acquisition d'un système de télédétection composé de deux radars Haute Fréquence. Les mesures seront utilisées pour valider les modèles de prévision numérique des courants, et dans un second temps, pour améliorer les prévisions de ces modèles par une technique "d'assimilation des données".

 Observations de vagues et courants en temps réel en Mer d'Iroise



Le système de traitement mis en route en juillet 2006 fournit les dernières observations de courant de surface faites par le radar, les observations en temps réel (15' après la fin des mesures) sont diffusées sur cette page et via  le projet Prévimer auquel le SHOM contribue. Par ailleurs deux bouées houlographe ont été déployées  pour évaluer la qualité des mesures de vagues. Ces données seront aussi diffusées dans la mesure du possible. Enfin, pour les états de mers côtiers, un démonstrateur de prévisions et d'utilisation d'observations est réalisé par l'association Openswell. Le démonstrateur Surfouest sera progressivement basculé vers Prévimer et Openswell. Toutes ces informations sont diffusées à titre de démonstration et ne doivent pas être utilisée pour la sécurité de la navigation. Pour toutes les activités nautiques, il est impératif de consulter les ouvrages de référence, en particulier sur les courants de marée, ainsi que les prévisions de Météo-France

 Technique de mesure



Les radars installé est du même type que celui installé en Méditerrannée par le laboratoire LSEET du CNRS. Il s'agit d'un Wellen Radar (WERA) développé par l'Université de Hambourg et commercialisé par la société Helzel Gmbh. Le SHOM a pu profiter de l'expérience de la société Actimar qui fait des mesures avec le radar de l'Université de Hambourg en 2005, dans le cadre d'un projet financé par le ministère de la recherche. Les radars seront installés de juin 2005 à juin 2007 sur les communes de Porspoder (Finistère nord) et Cléden-cap-Sizun (Finsitère sud). Ils émettent une onde de faible puissance (30 Watts) en continu, dans la bande des 12 MHz. L'onde est émise par un ensemble de 4 antennes fouet. Les ondes radio rayonnées par les deux radars l'ensemble de la mer d'Iroise sont réfléchies par la mer. Chacun des deux radar écoute l'écho correspondant à son signal émis avec un réseau de 16 antennes alignées. Cet écho est très faible, mais il possède une signature spécifique des vagues à la surface de la mer.

Tout d'abord les échos sont triés pour déterminer de quelle régions ils proviennent : le temps d'aller-retour de l'onde, à la vitesse de la lumière, est utilisé pour savoir à quelle distance se trouve la source de l'écho. Pour localiser la position il faut alors déterminer l'angle (azimuth). Il existe deux grandes méthodes : la goniométrie, et la formation de voie. Nous utilisons surtout la formation de voie avec les 16 antennes de réception qui permettent de séparer des signaux arrivant de deux azimuth séparés de 10°, quels que soit les signaux. La goniométrie peut souvent donner une meilleure résolution, mais ce n'est pas systématiques. 
Ainsi chaque radar est capable d'attribuer à une région de l'océan (on parle de cellule de mesure) les échos enregistré. Ces cellules sont petites près du radar (environ 1 km par 1 km) mais plus grandes au fur et à mesure que l'on s'éloigne.

Mesure du courant
Dans chaque cellule de mesure l'écho principal est produit par les vagues se propageant soit vers le radar soit dans le sens opposé, avec une longueur d'onde qui est, dans les deux cas, la moitié de l'onde radar (ce sont les "vagues de Bragg"). La vitesse de ces vagues  donne le décalage de la fréquence de l'onde par effet Fizeau-Doppler, de la même manière que les gendarmes mesurent la vitesse des voitures par radar, ou que les médecins mesurent la vitesse du sang dans les artères (dans ce dernier cas il s'agit d'ondes acoustiques). Or le courant dans le sens de visée, ainsi que les autres vagues, contribue à la vitesse des vagues de Bragg. Chaque station radar peut donc mesurer le courant dans la direction de visée. La combinaison des deux composantes, mesurées par les deux stations, donne le vecteur courant. La portée de mesure dépend de l'amplitude des vagues de Bragg, de la présence de bruit (émissions radio ondes courtes, autres radars), et atteint typiquement 100 km.

Le courant mesuré est généralement proche du courant induit par la marée et les variation de température et salinité de l'océan. Pour la partie du courant induite par le vent, il convient par contre de bien dissocier le courant moyen du courant résiduel induit par les vagues (dérive de Stokes). Le radar mesurant une vitesse intermédiaire. En pratique la vitesse mesurée est très proche de la vitesse de dérive de l'eau au voisinage de la surface. Ce genre de détails fait encore l'objet de recherches qui combinent nécessairement le courant, la turbulence et les vagues. Le SHOM  procède à des comparaisons de mesures au point fixe avec des mesure de dérive pour mieux comprendre ces phénomènes. 

Mesure des vagues
L'écho reçu par le radar dépend entièrement de la géométrie et du mouvement de la surface, et des propriétés de propagation des ondes radar dans l'air. Une théorie assez complète permet d'expliquer la forme de ces échos ... tant que l'amplitude des vagues reste faible par rapport à la longueur d'onde radio (soit 25 m à 12 MHz). C'est exactement le même problème que pour la théorie de Bragg utilisée pour la réflexion des vagues par le relief sous-marin. Cette théorie nécessite aussi une bonne connaissance statistique de la forme de la surface et sa relation avec le spectre des vagues. Une première approximation est donnée par la théorie de Weber et Barrick (1977), qui prévoir la forme de l'écho radar en fonction du spectre des vagues. Pour mesurer le spectre, il faut donc inverser cette relation. Nous utilisons le logiciel Seaview, développé à l'Université de Sheffields qui a beaucoup travaillé sur ces méthodes d'inversion de l'équation de Weber et Barrick (1977). La recherche reste active dans ce domaine pour mieux comprendre les approximations faites et améliorer le traitement des données, en particulier pour les vagues de petite et grande amplitude.

Pour plus de détails, consulter les liens (souvent en anglais).

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