Précision des données
hydrographiques portées sur les cartes
marines
Serge Lannuzel
Actuellement, tout navigateur équipé
d'un récepteur GPS peut se positionner à
30 mètres près dans 95 % des cas, au lieu
de plus de 100 mètres avant le 1er mai 2000,
date à laquelle les USA ont supprimé la
dégradation volontaire de précision du
GPS. Un GPS différentiel (DGPS) permet une précision
accrue (5 à 10 mètres), mais donne surtout
l'assurance que toute anomalie (retards de propagation
dans l'atmosphère, incohérence d'un satellite,
dégradation volontaire) est corrigée.
L'utilisation du DGPS permet à tout navigateur
de disposer d'une précision globale meilleure
que 10 mètres avec une grande fiabilité.
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Un systéme géodésique
est un système d’axes x, y, z qui permet de repérer
les coordonnées de tout point de la Terre. Ce
repère est rendu accessible aux utilisateurs
à partir d'un réseau de points matériels
positionnés à la surface de la terre ou
plus récemment à partir de la connaissance
de la position de satellites dans l'espace (par exemple
ceux du système GPS). Chacun peut déterminer
sa position dans ce système, connaissant la position
de points ou de satellites, par mesures d'angles ou
de distances (triangulation, trilatération).
Il existe de nombreux systèmes
géodésiques. En France, la Nouvelle Triangulation
de la France (NTF) est le système géodésique
officiel dans lequel doivent être exprimés
tous les travaux de topographie et d'hydrographie côtière.
Ce système sera prochainement remplacé
par le Réseau Géodésique Français
(RGF), équivalent au WGS 84 pour les applications
de navigation. Pour la publication des cartes marines
de métropole, le SHOM avait adopté le
système géodésique ED50, utilisable
sur tout le continent européen.
Des écarts entre les positions d'un même
point dans des systèmes géodésiques
différents existent : ils peuvent atteindre 150
m entre l'ED50 et le WGS 84 et même 1500 m entre
un système géodésique local de
la Réunion et ce même WGS84.
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Le GPS fournit normalement des positions
dans le référentiel WGS84. Il est nécessaire,
dans ce cas, de corriger ces positions pour les porter
sur les cartes référencées dans
un autre système géodésique. Le
SHOM recommande d’utiliser les décalages fournis
dans le titre de la carte, plutôt que les possibilités
de conversion intégrées dans certains
récepteurs GPS.
Le SHOM prépare le passage progressif de toutes
ses cartes dans le système géodésique
WGS84, afin qu'elles soient exploitables sans corrections
avec les systèmes de navigation modernes.
Le SHOM recommande d'utiliser les récepteurs
GPS dans le système géodésique
WGS84
et de corriger les positions à partir des
décalages indiqués sur la carte
marine.
Les nouvelles cartes des côtes de la métropole
seront établies en WGS84.
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Les cartes du SHOM sont des cartes
thématiques de navigation maritime : elles présentent
les éléments néces-saires à
la navigation la plus sûre possible. Par exemple,
de façon générale, les hauts-fonds
sont systématiquement cartographiés au
détriment de la représentation des zones
plus profondes. En revanche, dans un chenal d'accès
à un port, il convient de représenter
à la fois les hauts-fonds, qui constituent un
danger, et les fonds sains, qui autorisent une navigation
en toute sécurité.
Si l'information disponible sur la
carte marine est orientée, elle est présentée
le plus précisément possible. La précision
des données hydrographiques représentées
sur la carte doit cependant être explicitée.
En effet, la carte marine ne peut exploiter que les
meilleures informations disponibles lors de son élaboration
et représente des éléments dont
certains sont sans doute mal positionnés.
Jusqu’au début de ce siècle
les hydrographes pratiquaient le sondage au plomb qui
leur permettait de mesurer les fonds de façon
ponctuelle. Ils utilisaient les meilleures techniques
de l'époque pour la localisation : optique en
vue de côte et estime complétée
d'observations astronomiques plus au large. Ces techniques
ne permettaient pas d'obtenir des positions aussi précises
que celles délivrées par les moyens modernes
de localisation. Il n'est donc pas rare que des éléments
(sondes, épaves...) investigués il y a
quelques dizaines d'années se trouvent représentés
à 100 m, voire plus, de leur position effective.
De plus, les profondeurs mesurées
autrefois s'avèrent parfois inexactes. D'une
part les corrections de marée, nécessaires
pour ramener les sondes mesurées au zéro
hydrographique, n'étaient pas aussi précises
que maintenant. Loin de terre, les erreurs peuvent dépasser
1 mètre. D'autre part, il était
bien plus difficile de trouver le point le plus haut
d'un haut fond ou d'une épave.
Il y a donc un risque certain pour
le navigateur qui, conscient de l'excellente qualité
de son point (DGPS par exemple), voudrait serrer de
trop près les hauts-fonds ; et ceci d'autant
plus que les levés hydrographiques sont anciens.
Si, enhardi par la précision de l'ordre de 10
m de son GPS différentiel, il adoptait une route
passant théoriquement à 100 m d'un
haut-fond cartographié, un talonnage ne serait
pas exclu. C'est pourquoi, même l'utilisateur
d'un système de radionavigation de grande précision
devra passer à une distance suffisante des dangers
immergés et pour cela continuer à suivre
la bonne vieille règle du pouce.
Le navigateur tracera, chaque fois
que possible, sa route de façon à passer
à plus d'un pouce (largeur de son pouce posé
sur la carte) des dangers immergés, à
l'échelle de la carte dont il se sert.
Le navigateur tracera, chaque fois que possible,
sa route de façon à passer à
plus d'un pouce (largeur de son pouce posé
sur la carte) des dangers immergés, à
l'échelle de la carte dont il se sert.
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Pour résoudre ce problème,
il est nécessaire de procéder à
de nouveaux levés hydrographiques exhaustifs.
Ceci est effectué progressivement en fonction
des nécessités (sécurité
nautique, enjeux économiques...) et demande des
moyens importants. Actuellement, le SHOM dispose de
sondeurs multifaisceaux qui permettent une exploration
totale des fonds (tout obstacle qui dépasse de
plus de 30 cm, ou 1% du fond pour les profondeurs supérieures
à 30 m, peut être détecté
et coté) avec une localisation très précise
(meilleure que 5 m en vue de côte et meilleure
que 10 m partout ailleurs). La détermination
précise et actualisée de l'hydrographie
des zones sous responsabilité française,
avec ces moyens performants, nécessitera plusieurs
dizaines d'années.
Le diagramme des sources présente,
sur la majorité des cartes, l’origine des données
qui ont permis l’élaboration du document (date,
échelle du levé, producteur). Seules quelques
cartes anciennes n’en disposent pas, mais dans ce cas,
le style de leur présentation est un bon indicateur
de l’ancienneté des données représentées.
Cependant le navigateur demeure le seul juge de sa sécurité
; en particulier, il ne doit pas se fier aveuglément
à une seule source d’informations.
Le SHOM représente sur les cartes marines
les éléments les plus fiables
qui contribuent à assurer la sécurité
de la navigation.
Tous les éléments présents
sur une carte marine ne sont pas localisés
avec une précision comparable à
celle dont dispose aujourd’hui le navigateur.
Ce dernier doit utiliser à bon escient
tous les documents et informations disponibles.
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Les progrès des techniques d'acquisition
et de traitement des données hydrographiques,
ainsi que l'évolution des technologies de présentation
de ces données, telle la carte électronique,
contribuent à améliorer la précision
et la sécurité de la navigation, mais
ne remplaceront jamais l'homme. Au contraire, ils visent
à donner au navigateur plus de temps pour
observer ce qui se passe atour de lui.
Pour plus d'informations, vous êtes invités
à consulter les ouvrages du SHOM, en particulier
le "guide du navigateur" (édition 2000), l'ouvrage
"L'hydrographie, les documents nautiques, leurs imperfections
et leur bon usage" (édition 1997), ainsi
que le guide du SHOM "GPS et navigation maritime"
(édition 2000).
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