Niveau de la mer : des mesures permanentes au
bénéfice de tous
Ronan LEROY
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Le Réseau d'Observatoires
du NIveau des Mers, RONIM, est un programme destiné
à mesurer le niveau des eaux par l'installation
permanente de marégraphes numériques
dans les ports principaux (1) de France. Les marégraphes
intégrés dans RONIM sont des appareils
à enregistrement numérique, basés
sur une mesure de tirant d'air (capteur au-dessus
de la surface de l'eau) avec une précision
de l'ordre du centimètre. La logistique
mise en place permet de recueillir les mesures
aussi souvent que nécessaire.
Ces résultats ont été
atteints grâce à une modernisation
récente du réseau : les mesures
sont faites à partir de télémètres
radar (le temps écoulé entre l'émission
de l'onde et la réception du signal réfléchi
par la surface de l'eau est traduit en hauteur)
; les centrales d'acquisition sont interrogées
automatiquement à distance depuis les locaux
de l'EPSHOM et peuvent émettre des alarmes
en cas de problèmes de fonctionnement.
(1) " Ports principaux " et non "
principaux ports " ; les ports principaux
sont ceux qui font l'objet de calculs directs
de prédictions de marée par le SHOM
(22 ports sur les côtes de France métropolitaine).
Pour les autres, dits ports rattachés,
les valeurs de temps et de hauteur d'eau sont
déduites de celles des ports principaux
par application de corrections données
par des tables (155 ports rattachés pour
la France).
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Un développement
régulier
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RONIM, conçu
pour améliorer sensiblement la connaissance
du niveau de la mer et de ses conséquences
sur le littoral, s'est considérablement développé
ces dernières années. Pour répondre
aux nombreuses demandes de mesures de qualité
exprimées par les ingénieurs et les
scientifiques, RONIM doit être un réseau
complet et fiable, avec une couverture géographique
suffisante pour pouvoir déduire du niveau
mesuré une connaissance continue, dans le
temps et dans l'espace, du niveau de la mer. Il
comprend maintenant 20 marégraphes en France
métropolitaine. La couverture est presque
achevée ; quelques ports importants comme
Roscoff ou Saint-Nazaire restent cependant à
équiper. De plus, le déploiement du
réseau outre-mer devrait commencer en 2004.
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Des besoins variés
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L'amélioration des moyens de
transmission des données, comme l'utilisation
de la téléphonie moderne (GSM), des satellites
ou d'Internet favorisera la mise à disposition
en temps réel des données à la
communauté scientifique, notamment à ceux
de ses membres qui expriment leurs préoccupations
quant aux évolutions du climat et de l'environnement.
Car l'utilisation par des scientifiques est bien l'une
des raisons d'être de ce réseau. En témoigne
le serveur de données mis en place sur Internet
par l'université de La Rochelle (SONEL).
Pas moins de 67 organismes de recherche se sont déjà
abonnés à ce service, parmi lesquels la
cellule Previmar de Météo-France, soucieuse
de valider grâce à ces mesures son système
de prévision des inondations et des tempêtes.
Le tremblement de terre qui s'est produit dernièrement
en Algérie a également suscité
un vif intérêt pour les marégraphes
de la côte méditerranéenne qui ont
enregistré un mini tsunami. Le dernier forum
du programme mondial de l'UNESCO concernant l'étude
des variations du niveau de la mer s'est tenu en octobre
2003. Il réunissait les experts mondiaux autour
de ce thème, et le rôle de la France, notamment
par l'exploitation du réseau RONIM, a été
réaffirmé.
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Pour le navigateur aussi...
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Bien entendu, l'observation du niveau
de la mer n'est pas sans utilité pour l'hydrographie
et la navigation. Ainsi, la précision des prédictions
de marée pour l'ensemble des ports a pu être
améliorée grâce aux observations
RONIM. De même, cette connaissance est nécessaire
à la définition du zéro des cartes
marines, qui doit correspondre au mieux au niveau
des plus basses mers astronomiques. De cette façon
les navigateurs rencontrent toujours autant d'eau
que ce qui est indiqué par les sondes des cartes
marines, conformément aux recommandations de
l'OHI (2).
(2) Organisation Hydrographique Internationale
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