La lettre du shom / Lettre n°20  

14-06-2004



Niveau de la mer : des mesures permanentes au bénéfice de tous

Ronan LEROY


Un réseau national d'observation

 


Le Réseau d'Observatoires du NIveau des Mers, RONIM, est un programme destiné à mesurer le niveau des eaux par l'installation permanente de marégraphes numériques dans les ports principaux (1) de France. Les marégraphes intégrés dans RONIM sont des appareils à enregistrement numérique, basés sur une mesure de tirant d'air (capteur au-dessus de la surface de l'eau) avec une précision de l'ordre du centimètre. La logistique mise en place permet de recueillir les mesures aussi souvent que nécessaire.

Ces résultats ont été atteints grâce à une modernisation récente du réseau : les mesures sont faites à partir de télémètres radar (le temps écoulé entre l'émission de l'onde et la réception du signal réfléchi par la surface de l'eau est traduit en hauteur) ; les centrales d'acquisition sont interrogées automatiquement à distance depuis les locaux de l'EPSHOM et peuvent émettre des alarmes en cas de problèmes de fonctionnement.

(1) " Ports principaux " et non " principaux ports " ; les ports principaux sont ceux qui font l'objet de calculs directs de prédictions de marée par le SHOM (22 ports sur les côtes de France métropolitaine). Pour les autres, dits ports rattachés, les valeurs de temps et de hauteur d'eau sont déduites de celles des ports principaux par application de corrections données par des tables (155 ports rattachés pour la France).


Un développement régulier

 


RONIM, conçu pour améliorer sensiblement la connaissance du niveau de la mer et de ses conséquences sur le littoral, s'est considérablement développé ces dernières années. Pour répondre aux nombreuses demandes de mesures de qualité exprimées par les ingénieurs et les scientifiques, RONIM doit être un réseau complet et fiable, avec une couverture géographique suffisante pour pouvoir déduire du niveau mesuré une connaissance continue, dans le temps et dans l'espace, du niveau de la mer. Il comprend maintenant 20 marégraphes en France métropolitaine. La couverture est presque achevée ; quelques ports importants comme Roscoff ou Saint-Nazaire restent cependant à équiper. De plus, le déploiement du réseau outre-mer devrait commencer en 2004.



Des besoins variés

 


L'amélioration des moyens de transmission des données, comme l'utilisation de la téléphonie moderne (GSM), des satellites ou d'Internet favorisera la mise à disposition en temps réel des données à la communauté scientifique, notamment à ceux de ses membres qui expriment leurs préoccupations quant aux évolutions du climat et de l'environnement. Car l'utilisation par des scientifiques est bien l'une des raisons d'être de ce réseau. En témoigne le serveur de données mis en place sur Internet par l'université de La Rochelle (SONEL).
Pas moins de 67 organismes de recherche se sont déjà abonnés à ce service, parmi lesquels la cellule Previmar de Météo-France, soucieuse de valider grâce à ces mesures son système de prévision des inondations et des tempêtes. Le tremblement de terre qui s'est produit dernièrement en Algérie a également suscité un vif intérêt pour les marégraphes de la côte méditerranéenne qui ont enregistré un mini tsunami. Le dernier forum du programme mondial de l'UNESCO concernant l'étude des variations du niveau de la mer s'est tenu en octobre 2003. Il réunissait les experts mondiaux autour de ce thème, et le rôle de la France, notamment par l'exploitation du réseau RONIM, a été réaffirmé.

Pour le navigateur aussi...

 


Bien entendu, l'observation du niveau de la mer n'est pas sans utilité pour l'hydrographie et la navigation. Ainsi, la précision des prédictions de marée pour l'ensemble des ports a pu être améliorée grâce aux observations RONIM. De même, cette connaissance est nécessaire à la définition du zéro des cartes marines, qui doit correspondre au mieux au niveau des plus basses mers astronomiques. De cette façon les navigateurs rencontrent toujours autant d'eau que ce qui est indiqué par les sondes des cartes marines, conformément aux recommandations de l'OHI (2).


(2) Organisation Hydrographique Internationale