Délimitations des
espaces maritimes français
Les espaces maritimes français sont au deuxième
rang mondial par leur superficie (11 millions de kilomètres
carrés). La France a des frontières maritimes
avec 30 pays, et seule une
vingtaine de ces frontières ont fait à ce jour
l'objet d'un accord de délimitation.
La superficie des espaces maritimes français, ainsi
que le nombre de frontières maritimes sont amenés
à s'accroître avec l'extension
du plateau continental au-delà des 200 milles de
la zone économique exclusive.
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Rôle du SHOM
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Service hydrographique national,
le SHOM produit et diffuse les cartes marines qui sont le
support de publicité officiel des délimitations
maritimes nationales au regard de la convention de 1982 sur
le droit de la mer.
De par ses domaines de compétence, le SHOM apporte
son expertise, notamment auprès du ministère
des affaires étrangères, pour la délimitation
des espaces maritimes français. Cette expertise est
très sophistiquée car elle doit tenir compte
des réalités géodésiques, des
représentations cartographiques, des considérations
relatives à la navigation et son contrôle, de
la jurisprudence, des continuités historiques, des
cohérences géophysiques, de l'usage avéré,
des jugements déjà délivrés.
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Définition des différents
espaces maritimes sous juridiction nationale
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En partant de la côte,
les zones de souveraineté de l'Etat côtier sont
les suivantes : eaux intérieures, mer territoriale,
zone contiguë, zone économique exclusive, plateau
continental. Au-delà de ces zones, se situe l'espace
maritime international ou haute mer.
Dans les définitions ci-après, les parties
de texte entre guillemets sont extraites de la Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.
La ligne de base
La ligne de base est la limite
à partir de laquelle est calculée la limite
de la mer
territoriale.
La ligne de base normale est la laisse de basse mer, telle
qu'elle est indiquée sur les cartes marines à
grande échelle reconnues officiellement par l'État
côtier (c'est à dire les cartes du SHOM pour
la France). Dans certains cas, (côtes profondément
découpées ou bordées d'îlots, deltas,
baies suffisamment profondes) des lignes de base droites,
ne s'écartant pas de la direction générale
de la côte, peuvent simplifier la limite de la mer territoriale
(avec comme conséquence d'augmenter la surface des
eaux intérieures de l'État côtier). Le
choix de ces lignes demande une étude précise
et argumentée des différentes possibilités.
La mer intérieure
Les eaux intérieures
sont les eaux situées en deçà de la ligne
de base.
Les zones de pêche
La ligne de base est aussi utilisée
pour limiter les zones de pêche à 6 Milles, pour
des ressortissants de l'Union Européenne.
Il convient de remarquer que pour les zones de pêche,
les pratiques historiques sont souvent prises en compte.
La mer territoriale
" La souveraineté
d'un État côtier s'étend au-delà
de son territoire et de ses eaux intérieures (et dans
le cas d'un État archipel, de ses eaux archipélagiques),
à une zone de mer adjacente désignée
sous le nom de mer territoriale. La largeur de la mer territoriale
est fixée par l'État côtier et ne dépasse
pas 12 milles marins, mesurés à partir des lignes
de base établies conformément à la convention."
En pratique, la largeur des eaux territoriales de la France
et de celles de la majorité des pays est fixée
à 12 Milles (sous réserve d'accords avec les
Etats voisins dont les côtes sont distantes de moins
de 24 Milles).
La zone contiguë
La zone contiguë ne peut
s'étendre au-delà de 24 Milles des lignes à
partir desquelles est mesurée la largeur de la mer
territoriale. Dans la zone contiguë, l'État côtier
peut prévenir les infractions à ses lois et
règlements douaniers, fiscaux, sanitaires ou d'immigration,
sur son territoire ou dans sa mer territoriale, et réprimer
les infractions à ces mêmes lois.
La Zone Économique
Exclusive (ZEE)
La zone économique exclusive
est située au-delà de la mer territoriale et
adjacente à celle-ci. Elle ne s'étend pas au-delà
de 200 Milles des lignes de base à partir desquelles
est mesurée la largeur de la mer territoriale.
" Dans la zone économique
exclusive, l'État côtier a :
- des droits souverains aux
fins d'exploration et d'exploitation, de conservation et de
gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques,
des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et
de leur sous-sol, ainsi qu'en ce qui concerne d'autres activités
tendant à l'exploration et à l'exploitation
de la zone à des fins économiques, telles que
la production d'énergie à partir de l'eau, des
courants et des vents ;
- juridiction en ce qui concerne
la mise en place et l'utilisation d'îles artificielles,
d'installations et d'ouvrages, la recherche scientifique marine,
la protection et la préservation du milieu marin "
Pour la France et pour la majorité
des pays, la ZEE s'étend jusqu'à 200 Milles
des lignes de base (sous réserve d'accords avec les
Etats voisins dont les côtes sont distantes de moins
de 400 Milles).
Nota : en Méditerranée
il n'y a pas à ce jour de revendication de ZEE de la
part des Etats côtiers, ce qui ne signifie pas qu'il
n'y a pas de ZEE potentielle. La France a cependant décrété
une zone de protection écologique (ZPE) afin
de permettre l'action la prévention et la répression
des actes de pollution.
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L'extension du plateau continental
juridique
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Aux termes de la convention
internationale des Nations Unies sur le droit de la mer de
1982, ratifiée par la France en 1995, les États
côtiers ont la possibilité d'étendre le
plateau continental sous leur juridiction au-delà des
limites de la zone économique exclusive.
Ces extensions vers la haute mer concernent les fonds marins
et le sous-sol de la mer (1). Elles peuvent être revendiquées
sous réserve de démontrer que sont réunies
un certain nombre de conditions géologiques, morphologiques
et géophysiques ; les dossiers de revendication seront
examinés par la Commission des Limites du Plateau Continental
(CLPC), commission spécialisée des Nations Unies,
à laquelle ils doivent être soumis avant le 13
mai 2009.
Dans ces zones, les états côtiers disposeront
de droits souverains pour l'exploitation des ressources naturelles
(ressources minérales et hydrocarbures, espèces
vivant sur le fond).
La France
peut réclamer des extensions importantes (pour des
surfaces qui pourraient atteindre 1 000 000 km²) dans
tous les océans, dans les eaux adjacentes à
la métropole mais surtout aux départements et
collectivités territoriales d'outre-mer.
La décision
de mettre en place un programme pour l'établissement
de ces dossiers et la revendication des extensions françaises
a été prise en 1998, et confirmée en
avril 2002. Une organisation et un financement spécifiques
ont été mis en place pour ce programme baptisé
EXTRAPLAC, dont l'importance a été réaffirmée
lors du Comité Interministériel de la Mer du
29 avril 2003
Le SHOM est l'un des principaux partenaires du programme EXTRAPLAC.
Pour de plus amples informations
sur le programme EXTRAPLAC, visitez le site http://www.extraplac.fr/
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(1) hormis les eaux
surjacentes
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Représentation des délimitations
maritimes sur les cartes marines publiées par
le SHOM
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Les lignes de base droites
et les limites de la mer territoriale sont représentées
sur les cartes du SHOM d'échelles comprises entre le
1/ 150 000 et le 1/ 1 000 000.
Les limites des ZEE et les frontières
maritimes avec les pays voisins sont également portées
sur les cartes marines identifiées par le symbole sur
le catalogue des cartes et ouvrages du SHOM.
La symbolique utilisée
sur les cartes pour représenter les informations relatives
aux délimitations maritimes est celle des normes de
l'organisation hydrographique internationale pour les cartes
INTernationales (voir le site de l'OHI : http://ohi.shom.fr/).
L'évolution des moyens
informatiques devrait permettre dans un proche avenir d'éviter
des choix qui peuvent s'avérer parfois difficiles,
grâce à des logiciels susceptibles de couvrir
une gamme étendue de besoins à partir des fichiers
de base issus directement des modèles.
Exemples de représentations :
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Ligne de base
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Limite de la ZEE
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Limite de la mer
territoriale
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Frontière
maritime
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Données relatives aux espaces
maritimes sous juridiction française
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Espaces maritimes français
Cliquez sur l'image pour l'agrandir
L'ensemble des espaces maritimes sous juridiction
française couvre plus de 10 millions de kilomètres
carrés (hors extension juridique du plateau continental),
et est bordée par environ 18 000 kilomètres
de côte*. Le tableau ci-après indique le détail
de ces grandeurs par zone géographique.
Longueur de côte* et superficies
des espaces maritimes français - Estimations
1999
Avertissement : les données ci-après
correspondent à des estimations et sont fournies
à titre indicatif. Elles ne revêtent pas de
caractère officiel. Notamment, elles s'appuient dans
certaines zones sur des limites n'ayant pas fait l'objet
d'accord de délimitation avec les Etats voisins.
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Zone
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Longueur trait de côte
en km
|
Superficie en milliers de km2
|
|
Manche
Atlantique
Méditerranée
(dont Corse)
Métropole
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1 759
2 400
1 694
688
5 853
|
56
208
85
20
349
|
|
Martinique
Guadeloupe
St-Martin
St-Barthélemy
Guyane
Antilles-Guyane
|
293
405
50
24
608
1 380
|
47
86
1
4
126
264
|
|
|
|
|
Réunion
Tromelin
Europa
Bassa da India
Juan de Nova
Mayotte
Glorieuses
Réunion, Mayotte et îles éparses
|
206
4
35
1
11
135
9
401
|
304
304
140
126
71
62
51
1 058
|
|
|
|
|
|
Archipel de la Société
Archipel de Tuamotu
Îles Gambier
Îles Australes
Marquises
Polynésie française
|
524
3 265
59
107
542
4 497
|
664
1 951
236
1 273
680
4 804
|
|
|
|
|
|
Grande Terre
Dépendances
Loyauté
Nouvelle-Calédonie
|
2 399
362
606
3 367
|
99
1 201
64
1 364
|
|
|
|
|
|
Wallis
Futuna
Wallis et Futuna
|
41
65
106
|
|
|
|
|
|
|
Kerguelen
Crozet
Amsterdam et St-Paul
Terre-Adélie
TAAF
|
2 340
156
43
170
2 709
|
547
562
506
112
1 727
|
|
|
|
|
|
St-Pierre et Miquelon
Amérique du Nord
|
137
137
|
10
10
|
|
Clipperton
Pacifique Nord
|
5
5
|
434
434
|
* Note : il n'y a pas
de définition absolue de la longueur d'un trait de
côte. Il s'agit là d'un problème baptisé
de fractal. S'il fallait suivre le périmètre
de chaque grain de sable, on aboutirait à des distances
astronomiques. Inversement si l'on considère une
représentation du monde sur une feuille de dictionnaire,
l'estimation ne tient pas compte de la complexité
des formes littorales. En fait le cartographe résume
en disant que c'est un problème de généralisation
: la représentation géographique n'est pas
la même à l'échelle du 1/10 000, du
1/50 000, du 1/250 000, du 1/1 000 000. Ainsi, la longueur
du trait de côte varie en fonction de l'échelle
de représentation. A titre d'exemples, la longueur
du trait de côte des îles Kerguelen, dont la
côte est particulièrement découpé,
varie du simple au double suivant que l'on utilise l'échelle
1/1 000 000 ou l'échelle 1/90 000. La longueur du
trait de côte de France métropolitaine varie
de 50% entre les échelles 1/50 000 et 1/1000000.
Les estimations figurant dans le tableau sont généralement
basées sur le trait de côte SHOM à l'échelle
1/1 000 000.
Etats ayant une frontière maritime
avec la France - Les territoires français
concernés par une frontière sont indiqués
entre parenthèses.
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Anguilla (Saint-Martin)
Antigue et Barbude (Saint-Barthélemy, Guadeloupe)
Australie (Kerguelen, Nouvelle-Calédonie)
Belgique (métropole)
Brésil (Guyane)
Canada (Saint-Pierre et Miquelon)
Comores (Mayotte)
Dominique (Guadeloupe et Martinique)
Espagne (métropole)
Fidji (Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie)
Îles Cook (Polynésie française)
Îles Salomon (Nouvelle-Calédonie)
Italie (métropole)
Kiribati (Polynésie française)
Madagascar (La Réunion, Tromelin et îles
françaises du Canal du Mozambique)
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Île
Maurice (La Réunion)
Monaco (métropole)
Mozambique (îles françaises du Canal du Mozambique)
Tokelau (Wallis et Futuna)
Pays-Bas (Saint-Martin, Saint-Barthélemy)
Royaume-Uni (métropole et Polynésie française)
Saint-Christophe (Saint-Barthélemy)
Sainte-Lucie (Martinique)
Samoa occidentales (Wallis et Futuna)
Seychelles (Mayotte)
Suriname (Guyane)
Tonga (Wallis et Futuna)
Tuvalu (Wallis et Futuna)
Vanuatu (Nouvelle-Calédonie)
Venezuela - ilôt Aves (Guadeloupe et Martinique) |
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