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Le Beautemps-Beaupré explore 50 millions d’années de tectonique des plaques dans l’océan Indien

Le bâtiment hydrographique et océanographique (BHO) Beautemps-Beaupré a conduit entre le 3 avril et le 1er mai 2019 une campagne au cœur de l’océan Indien au profit du centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le cadre de la convention du partage d’emploi du Beautemps-Beaupré et du navire océanographique Pourquoi pas ? entre la Marine nationale, l’Ifremer et le Shom. L’équipe scientifique est menée par des chercheurs du laboratoire de Géologie de l’Ecole normale supérieure de Paris, en collaboration avec l’Institut des Sciences de la Terre de Sorbonne Université et  l’Institut de Physique du Globe de Paris. L’acquisition et le traitement de données sont assurés par les hydrographes du Shom.

 

L’objectif de la campagne est  la dorsale de Carlsberg, du nom du fameux brasseur Danois qui sponsorisa, dans les années 1930,  la toute première étude de cette structure énigmatique de l’océan Indien. On sait maintenant que le plancher océanique de cette partie de l’océan Indien a été formé à l’axe de cette dorsale, et que ce plancher a enregistré plusieurs dizaines de millions d’années d’histoire géologique. Des jalons majeurs de cette histoire sont la collision du continent Indien contre l’Eurasie  il y a 50 millions d’années, à l’origine de l’Himalaya, et l’ouverture vers 20 millions d’années du Golfe d’Aden le long de la dorsale de Sheba, prolongement vers l’ouest de la dorsale de Carlsberg qui déchire le continent Africain.

 

Ces événements ont laissé leur marque dans les profondeurs de l’océan Indien,  encore faut-il pouvoir  accéder à ces enregistrements. Le BHO Beautemps-Beaupré,  fleuron des navires océanographiques français, est le navire idéal pour sonder les grands fonds. Equipé d’un sondeur multifaisceaux Kongsberg EM122, il permet une cartographie des fonds sous-marins d’une grande précision dans un couloir de plus de 15 km en une seule passe, révélant avec des détails insoupçonnés la complexité des processus tectoniques et leur  succession dans le temps. Ces données sont complétées par des mesures des champs géophysiques (gravimétrie et magnétométrie) donnant des informations sur la structure profonde et sur l’âge du plancher.

 

Le décryptage et l’analyse de ces nouvelles données permettront de comprendre l’évolution géodynamique de l’océan Indien et en particulier le jeu subtil entre les événements géologiques et l’ajustement des grandes frontières tectoniques : il s’agit ni plus ni moins d’étudier le moteur de la tectonique des plaques responsable de la si grande diversité de nos paysages terrestres, bien sûr, mais aussi sous-marins dont il reste tant à découvrir.

 

 

Fig1. Plan de position général de la campagne CARLMAG. Les dorsales actives de Carlsberg et Sheba sont indiquées, ainsi que la direction actuelle d’ouverture (de l’ordre de 2 à 2.5 cm/an).

 

 

 

Fig2. Premiers passages sur la dorsale de Carlsberg avec le BHO Beautemps-Beaupré. Le fond est la meilleure carte disponible avant les travaux CARLMAG. La bathymétrie multifaisceaux montre la complexité des structures au passage de la dorsale : les fonds marins y sont modulés par les apports magmatiques, tantôt faibles (régime tectonique), tantôt forts (régime magmatique).

 

 

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