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Litto3D®, un outil pour la gestion du littoral : Interview de Corentin, hydrographe volant ?

Bonjour, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Bonjour, je m’appelle Corentin, je suis hydrographe et je travaille au Shom depuis 2011. J’ai commencé par des postes embarqués sur des bâtiments hydrographiques comme le Laplace et le La Pérouse ainsi que des déploiements dans le cadre du SDHM (Système déployable d’hydrographie militaire).

Je fais partie de l’équipe d’acquisition Litto3D® depuis un an. J’ai obtenu ce poste à ma sortie du cours de programmeur, qui est une spécialité que choisissent de faire certains hydrographes afin d’avoir un domaine de compétences plus pointu en informatique.

 

De combien de personnes est composée cette équipe d’acquisition Litto3D®?

Il y a 3 hydrographes, dont un programmeur.

Les autres personnels de l’équipe (le chef de projet, son adjoint, les responsables de traitement, etc.) viennent également sur le terrain à tour de rôle pour compléter l’équipe.  

 

 

Comment se passe concrètement l’acquisition des données ?

Les données sont acquises par un laser aéroporté, donc embarqué à bord d’un avion. Seul un personnel Shom et le pilote sont dans l’avion. En ce moment, nous faisons l’acquisition de données sur la Normandie et les Hauts-de-France.

Les vols durent environ 5 à 6h mais nous sommes fréquemment contraints par les conditions environnementales (la météo, la turbidité de l’eau, la marée,…).

Nous partons pour un déplacement de deux mois et nous nous relayons pour l’embarquement. Donc concrètement, nous faisons généralement un vol tous les trois jours.

 

Alors pendant les deux autres jours c’est repos ?

Pas du tout, quand on n’est pas à bord de l’avion, on s’occupe du pré-traitement. Cela consiste à générer la trajectographie de l’avion, à vérifier que les données ont bien été acquises, à initier la séparation des retours laser valides et invalides, à s’assurer que la couverture bathymétrique est suffisante sur zone (sinon, prévoir des vols complémentaires) etc. Il faut également suivre les prévisions météo afin de planifier et préparer les vols à suivre (zone à voler, heure de marée…). Pour l’aspect plus informatique, je m’assure également de la sauvegarde des données.

 

Et à bord de l’avion, quel est votre rôle exactement ? Comment cela se passe-t-il ?

A bord, on s’occupe du système laser. Il faut contrôler en permanence que l’appareil fonctionne bien, que les données sont bien acquises sans contraintes techniques ni extérieures. On vérifie qu’il y a un bon retour du signal, ce qui dépend fortement des conditions environnementales.

En fait, le principe est le même que lorsqu’on travaille avec un bâtiment ou une vedette hydrographique pour mesurer les fonds de faibles profondeurs. La seule différence est que, avec un bâtiment ou une vedette, cela est réalisé par moyen acoustique alors qu’ici il s’agit d’un laser.

Le client nous demande d’acquérir de la donnée côté terre jusqu’à 400 mètres au-delà du trait de côte et, en mer, jusqu’à l’isobathe 5 mètres.

 

Vous m’avez dit que certaines conditions environnementales ne permettaient pas d’acquérir des données. C’est-à-dire ?

Si les conditions météo ne sont pas bonnes, s’il pleut par exemple, ou encore si les nuages sont trop bas et donc sous l’avion cela ne permet pas d’acquérir de la donnée. L’idéal est aussi d’effectuer les vols à marée basse afin d’obtenir une couverture maximale du littoral.

Un paramètre très important dans le cas de l’hydrographie par laser est la « transparence » de l’eau. Si la mer est trop turbide, le laser ne peut pas bien pénétrer et donner les informations sur la position du fond.

 

De quel type d’avion s’agit-il ?

Il s’agit d’un avion Cessna Grand Caravan, mis à la disposition du Shom par un prestataire extérieur qui lui loue également la tête laser.

 

Comment est-on à bord ?

Eh bien ce qui est surprenant, c’est qu’on peut être malade en avion. Tout comme en bateau certains ont le mal de mer, en avion c’est la même chose. C’est un petit avion donc il bouge beaucoup et quand on a le mal de l’air, c’est plus compliqué…

 

Et après ?

Ensuite les données sont transmises au reste de l’équipe Litto3D® du Shom et elles seront traitées.

 

En ce qui vous concerne, savez-vous combien de temps vous allez rester sur ce poste ?

Il s’agit en général d’affectations de 3 ans donc il me reste encore 2 ans dans l’acquisition de données Litto3D®. Ce poste me plaît beaucoup, c’est une autre vision du métier d’hydrographe, très proche des postes embarqués sur les bateaux par certains aspects. Mais les paysages ne sont bien sûr par les mêmes…

 

Merci Corentin. Lors de la prochaine interview, nous nous intéresserons au traitement des données.

 

Zoom sur l’actualité Litto3D®

En ce moment, des levés Litto3D® partie maritime sont réalisés en Normandie et dans les Hauts-de-France. Ils ont débuté en septembre 2016 et doivent durer a minima jusqu’en octobre 2017.

Ces levés en Normandie et Hauts-de France sont réalisés dans le cadre d’une stratégie de suivi homogène, récurrent et pérenne de la dynamique du littoral Manche Est-Mer du Nord coordonnée par le ROLNP (le Réseau d’Observation du Littoral Normand et Picard).

 

Ils ont été financés par les régions Haut-de-France et Normandie, les agences de l’eau Artois-Picardie et Seine-Normandie, le parc marin Mer d’Opale, l’Union Européenne, l’Etat et le Shom.

Le Shom réalise l’établissement de la référence topo-bathymétrique de cette stratégie de suivi.

 

 

 

 

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