Police plus grandePolice plus petite

Communiqués

Imprimer la page

Samedi 21 mars 2015 : la « marée du siècle »

Si le 10 mars 1997, vous avez manqué la dernière « marée du siècle » du deuxième millénaire, l’horlogerie céleste vous invite à une nouvelle séance majestueuse ce samedi 21 mars 2015. Il s’agira de la première « marée du siècle » du nouveau millénaire avec un coefficient de marée de 119.

 

Rappel sur le coefficient de marée

En France, l'ampleur de la marée par rapport à sa valeur moyenne est indiquée par le coefficient de la marée, exprimé en centièmes, qui prend une valeur comprise entre 20 et 120.

Le coefficient de marée, calculé par le SHOM pour le port de Brest, donne ainsi une indication approximative du marnage, c’est-à-dire de la différence de hauteur d’eau entre la pleine et la basse mer successive. Plus le coefficient de marée est élevé, plus la mer monte haut et descend bas.

 

Le cas du 21 mars 2015

Le 21 mars 2015, le marnage dans la Baie du Mont Saint-Michel atteindra 14,15 m soit plus qu’un immeuble de 4 étages !

A titre de comparaison, une marée de vive-eau moyenne (coefficient 95), présente un marnage de 10,50 m soit 3,50 m de moins. Lors des mortes eaux qui auront lieu une semaine plus tard, le 28 mars, pour un coefficient de 36, le marnage dans la même zone ne sera plus que de 4,25 m soit 10 m de moins !

 

A quel marnage doit-on s’attendre ?

Les coefficients de marée supérieurs à 110 sont rares (moins de 2%). Le graphique ci-contre illustre la fréquence sur les 20 dernières années des coefficients de marée.

En 2014, le plus haut coefficient calculé était de 115, soit un marnage prédit de 13,30 m à Cancale, c’est-à-dire 0,80 m de moins que lors de cette grande marée « du siècle ». Pour Brest, où le marnage prédit sera de 7,50 m environ ce 21 mars 2015, la différence sera de 0,35 m par rapport au coefficient 115 du 2 mars 2014.

 

Facteurs indispensable pour obtenir une « marée du siècle »

 

Les marées sont le résultat de l'attraction de la Lune et du Soleil sur les mers et océans.

 

Plusieurs facteurs en conjonction conditionnent la « marée du siècle » :

 

   1  une marée de vive-eau

 

Les périodes des mouvements de la Lune et du Soleil n’étant pas égales, l’angle entre les plans méridiens de la Lune et du Soleil varie continûment. Lorsqu’il est nul ou égal à 180°, le phénomène est appelé syzygie. Il correspond aux pleines lunes et aux nouvelles lunes ; les forces génératrices de la marée relatives au Soleil et à la Lune s’ajoutent alors et l’amplitude de la force passe par un maximum.

 

Lorsque le marnage est maximum, c’est-à-dire au voisinage de la nouvelle Lune ou de la pleine Lune, on parle de marée de vive-eau.

 

 

 

 

   2 une marée  de vive-eau d’équinoxe

 

La marée de vive-eau d’équinoxe (abusivement nommée marée d’équinoxe) correspond  au passage du Soleil dans le plan de l'équateur terrestre, ce qui renforce l'influence de cet astre dans le domaine des ondes semi-diurnes. Ainsi, on a le long de nos côtes, pour les mois de mars-avril et de septembre-octobre, des marnages attendus plus importants que dans le reste de l'année (et donc des coefficients plus élevés) car il s’agit des périodes de vive-eau d’équinoxe.

 

   3 L’influence du mouvement relatif du périgée lunaire

Le périgée lunaire est la distance la plus courte entre la Terre et à la Lune. Le mouvement relatif du périgée lunaire au solstice d’hiver à une périodicité de 8,8475 ansPour que les marées soient les plus importantes, il faut que le périgée lunaire à l’équateur coïncide en nouvelle Lune ou pleine Lune aux équinoxes soit une fois tous les 4,4238 ans en moyenne.

 

- Périgée Lunaire en NL/PL aux solstices : marées d’équinoxe moyennes -

 

- Périgée Lunaire en NL/PL aux équinoxes (2,2 ans + tard) : marnages plus importants -

 

 

 

   4 L’influence du périgée solaire

 

Tout comme le périgée lunaire, le périgée solaire est la distance la plus courte entre la Terre et le Soleil. La révolution du périgée solaire se réalise en 104,7 siècles. Actuellement, la distance Terre-Soleil est minimale en janvier, ce qui explique pourquoi les marées d’équinoxe de printemps sont plus importantes que celles d’automne.

A noter que d’ici 20 à 30 siècles, le périgée solaire sera confondu avec l’équinoxe de printemps ce qui occasionnera un marnage encore plus important que ce que l’on connaît à notre époque.

 

 

Une « marée du siècle » qui porte mal son nom

L’appellation « marée du siècle » est un peu abusive car ce phénomène intervient tous les 18 ans environ (cycle de Saros[1]) lorsque les facteurs se trouvant en phase influent au maximum sur les forces génératrices de la marée. Ainsi la dernière grande marée avec ce coefficient s’est produite le 10 mars 1997 et les prochaines auront lieu le 3 mars 2033 et le 14 mars 2051.

 

Enfin, il faut aussi garder à l’esprit que même si les coefficients de marées de 119 et 120 sont rares et marquent les esprits, les coefficients légèrement inférieurs autour de 115 sont plus fréquents et correspondent à des marnages peu différents.

 


[1] Le Saros, appelé aussi période chaldéenne, est la période de 223 lunaisons (soit 18 années de 365 jours plus 15,5 jours) au bout de laquelle les phénomènes précédents se reproduisent dans le même ordre. Il en résulte que les marées effectuent leur retour dans des conditions à peu près similaires. Il n'y a pas complétement de périodicité du phénomène de la marée car après une période chaldéenne, la situation des astres est presque la même mais jamais entièrement identique du fait du mouvement du périgée solaire

 

Accès rapide
Prédiction de marée Groupe d'avis aux navigateurs (GAN) Informations nautiques Catalogue des cartes Espace de diffusion Portail data.shom.fr
Catalogue PPML
Catalogue PPML