Histoire

©Shom - Plan de la rade, des ports et passes de Port-Cros, 1873

Le Shom, établissement public administratif sous tutelle du ministère des Armées, est l’héritier du plus ancien service hydrographique officiel au monde, le Dépôt des cartes et plans de la marine, créé le 19 novembre 1720.

Ses missions ont évolué au cours du temps. Aujourd’hui, le Shom est chargé de la description et de la prévision des océans, depuis le grand large jusqu’au littoral.

Depuis trois siècles, le Shom contribue de façon déterminante au développement du monde maritime.

Principaux repères historiques de l’hydrographie française

En France, les premiers documents nautiques remontent à la fin du XVème siècle. A cette époque, Dieppe fut le berceau d’une Ecole

d’hydrographie de grande renommée en Europe du Nord. Les pilotes dieppois sont à l’origine des premières cartes marines françaises.

S’inspirant de l’Ecole de Dieppe, Colbert créa en 1661 des établissements analogues dans les principaux ports du Royaume. Dirigés par les maîtres dieppois, les travaux réalisés furent publiés en 1693 sous la forme d’un atlas de cartes, le Neptune François qui connut un grand succès international.

Poursuivant l’œuvre de Colbert, un arrêt du conseil de la Marine du 19 novembre 1720 crée le Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, ancêtre du Shom.

En 1741, Louis XV signe en faveur de Jean-Nicolas Bellin un brevet d’Ingénieur hydrographe, appellation qui apparaît pour la première fois de façon officielle.

Une ordonnance royale de Louis XVIII crée le 6 juin 1814 le corps des Ingénieurs hydrographes de la Marine. Cette première génération d’ingénieurs spécialisés est formée par Charles-François Beautemps-Beaupré, suivant des méthodes pratiques rigoureuses qui lui apporteront sa renommée de « père de l’hydrographie moderne ». Le Dépôt des cartes et plans de la marine prend alors l’appellation de Dépôt général de la marine.

Au XIXème siècle, la production de documents nautiques se développe encore et se diversifie. Les premiers avis aux navigateurs sont diffusés en 1818. En 1838, la bibliothèque du Dépôt compte 18 000 ouvrages. L’ingénieur hydrographe Antoine-Marie Chazallon met en place un réseau de marégraphes dans les ports et le premier annuaire des marées est publié en 1839. Les premières instructions nautiques paraissent en 1842. En 1847 la collection de cartes originales en service s’élève à 1 044 et couvre toutes les côtes françaises.

Un décret du 13 janvier 1886 transforme le Dépôt général de la marine en Service hydrographique de la Marine (SHM). Il est rattaché à l’état-major de la Marine et dirigé par un ingénieur hydrographe en chef.

Imaginé par l’ingénieur hydrographe français Renaud, le Bureau hydrographique international (BHI) est créé en 1921. Le BHI deviendra en 1970 l’organisation hydrographique internationale (OHI).

En 1923, le Service hydrographique de la Marine devient le Service central hydrographique (SCH) qui dépend du Ministère de la Marine.

©Shom - Revue d'amers entre St Tropez et Monaco

Au XXème siècle, l’hydrographie connait de profondes évolutions techniques. C’est la fin des planches gravés en 1945 et les débuts de l’impression offset en 1950. A la même époque, le sondeur à ultra-sons vient remplacer le plomb de sonde et la radiolocalisation prend progressivement le relai du positionnement à vue. La cartographie passe en couleur en 1970.

Un décret du 25 mai 1971 modifie l’appellation et l’organisation du Service qui devient le Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom). Il se décentralise et un établissement principal est construit à Brest. Placé sous l’autorité du chef d’état-major de la Marine, le Shom reçoit de nouvelles attributions en matière d’océanographie physique. Un centre militaire d’océanographie (CMO) est créé en 1990. Il a pour objet de fournir aux forces navales une meilleure connaissance de l’environnement océanique. Les domaines couverts sont vastes : sédimentologie, hydrologie, gravimétrie, magnétisme, acoustique…

La fin du siècle voit encore de nouvelles évolutions technologiques transformer les méthodes d’hydrographie : le sondeur multifaisceaux, le positionnement par satellites artificiels, l’imagerie spatiale, la carte électronique… Le Shom développe et étend ses activités aux besoins de nouveaux usagers : risques de submersion marine, protection et aménagement du littoral, énergies marines du futur…

En 2007, Le Shom devient un établissement public administratif (EPA) placé sous la tutelle du ministère de la Défense, aujourd'hui le ministère des Armées.

©Shom - Courantomètre

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