Campagne océanographique Protevs Gibraltar

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Campagne océanographique Protevs Gibraltar

La campagne d'océanographie Protevs Gibraltar 2020, pilotée par le Shom, associant les laboratoires d'Aérologie, LEGOS-Ird (Toulouse), MIO (Marseille), LOPS (Brest) et la DHOC marocaine (homologue du Shom au Maroc), a débuté au début du mois d’octobre.

Cette campagne vise à étudier la circulation océanique dans le détroit de Gibraltar. Elle permettra d'affiner les modèles de prévision des  processus océanographiques complexes dans la zone d'échanges entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique.

Le navire océanographique Atalante a quitté  Brest le 3 octobre 2020 avec 25 techniciens, ingénieurs et scientifiques à bord et 28 hommes et femmes d'équipage pour le détroit de Gibraltar.


Les colonnes d'Hercule, montagnes qui bordent le détroit au Nord et au Sud, symbolisaient dans l'Antiquité la limite entre le monde civilisé (en Méditerranée) et l'inconnu. Cet étroit passage (15 km de large au point le plus étroit) est aujourd'hui un passage obligé d'une des routes maritimes les plus fréquentées au monde : 100 000 bateaux y passent en moyenne par an, soit 300 par jour.


C'est par ailleurs le lieu du principal échange entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique. Cet échange est estimé à 1 million de mètres cubes d'eau par seconde franchissant le détroit pour entrer en Mer Méditerranée (5 fois le débit de l'Amazone) et à peu près autant sortant de la Méditerranée.

Ces échanges intenses, auxquels se superposent la marée, induisent une circulation et des processus très particuliers qui sont l'objet de la campagne Protevs Gibraltar. Elle permettra d'appréhender le détail de ces échanges qui entremêlent de façon complexe de nombreux phénomènes océanographiques : ressaut hydraulique, ondes internes organisées en train d'onde, upwelling / downwelling, couche limite, jet inertiel.


Les opérations dans cet environnement très énergétique, avec des courants très intenses, souvent supérieurs au mètre par seconde, parsemés d'obstacles (pêcheurs à la palangre, trafic, bathymétrie accidentée) sont en limite de faisabilité. Pour l'occasion le Shom a mobilisé la plupart des capacités d'observations :

  • par mouillage pour acquérir des séries de profils de courant, température, salinité pendant plusieurs semaines. Cinq de ces mouillages ont été déployés en des endroits clés du détroit.
  • par sondeur acoustique de toutes natures (profileurs de courant de coque, sondeur mono et multifaisceau exceptionnellement focalisés sur la colonne d'eau et non pas sur le fond), qui permettent de capturer des structures dynamiques en évolution lente : ressaut hydraulique interne, train d'ondes solitaires, ....
  • par engin remorqué oscillant (Seasoar et MVP) qui permettent de compléter la vue du point précédent.


Le parc instrumental du Shom a été complété pour l'occasion par des prêts de la Direction technique de l'Insu, de l'Ifremer (LOPS) et du Laboratoire d'Océanographie de Villefranche.
La campagne utilise pleinement par ailleurs des capacités opérationnelles d'observations de la terre (données satellite : altimétrie, température, couleur) et de modélisation pour la conduite des opérations.
Les pilotes de la campagne ont bénéficié des conseils avisés à terre et en mer de l'Ifremer et Génavir.
Les personnels extérieurs au Shom bénéficient du support financier du programme de l'Insu LEFE (projet Gepeto).
L'Atalante rejoindra Toulon à l'issue de la mission le 23 octobre.

Crédit photo
©Shom –F.Dumas
13 octobre 2020
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