Tsunami : le Shom en première ligne

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Tsunami : le Shom en première ligne

Le phénomène naturel que nous appelons « tsunami » est une série de vagues se propageant à travers l’océan. Ces vagues sont principalement générées par des séismes, parfois par des glissements de terrain sous-marins ou des perturbations météorologiques, et plus rarement par des éruptions volcaniques.

Les vagues de tsunami se propagent en eau profonde avec une vitesse qui peut dépasser les 800 km/h. Elles sont alors indétectables à bord des bateaux. En revanche, lorsqu’elles atteignent les eaux peu profondes du littoral, les vagues sont freinées, ce qui occasionne la formation d’un « mur » destructeur dont la hauteur peut atteindre plusieurs mètres.

Les plus grands tsunamis connus ont atteint une hauteur supérieure à 30 mètres. Néanmoins, des tsunamis de 3 à 6 mètres peuvent provoquer de nombreux morts et blessés et causer d’importants dégâts dans les zones côtières.

Bien que 80% des tsunamis aient lieu dans le Pacifique, ils peuvent aussi toucher les côtes situées dans d’autres régions, par exemple dans l’Océan Indien, la mer Méditerranée, les Caraïbes ou l'Atlantique Nord-Est. Par conséquent, plusieurs pays, dont la France, ont mis en place des centres d’alerte nationaux ou régionaux.

Le système d’alerte aux tsunamis

Le système d'alerte dans le Pacifique existe depuis 1965 mais à la suite du tsunami de Sumatra (230 000 victimes, le 26 décembre 2004) et de la conférence de Kobé (18-22 janvier 2005), la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO a été chargée de mettre en place des centres régionaux d'alerte aux tsunamis dans l'Océan Indien, les Caraïbes, l'Atlantique Nord-Est et la Méditerranée.

Le système d'alerte aux tsunamis s'organise en deux temps :

  • L'alerte montante consiste à détecter les séismes et les tsunamis avec des instruments adaptés (sismographes et marégraphes) et à transmettre ces informations vers le centre d'alerte ;
  • L'alerte descendante a pour but d’aviser les populations du danger et d’évacuer le littoral.

Le Shom joue un rôle important dans ce système d’alerte grâce à ses marégraphes qui mesurent et enregistrent le niveau de la mer dans 4 bassins océaniques (Océan Pacifique, Océan Indien, Atlantique Nord-Est / Méditerranée et Caraïbes).

 

Un marégraphe en Nouvelle-Calédonie
Un marégraphe en Nouvelle-Calédonie.

 

Le réseau marégraphique du Shom

Ainsi, en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le Shom participe au fonctionnement du Centre national d’alerte aux tsunamis (CENALT). En effet, les 50 marégraphes (40 en métropole, 8 en outremer, 1 à Monaco, 1 à Madagascar) du Réseau d’observation du niveau de la mer (RONIM) produisent des séries continues de mesures de hauteurs d’eau et les transmettent en temps quasi réel au CENALT.

Ces mesures permettent de détecter les premiers signes d’arrivée d’un tsunami et de préciser ses caractéristiques physiques (heure d’arrivée, amplitude, période). Ultérieurement, elles serviront à la validation des modèles de propagation du tsunami sur lesquelles les premières estimations et prévisions sont basées.

Les données recueillies par ces marégraphes sont visualisables et téléchargeables sur le portail data.shom.fr (observations côtières).

 

Marégraphe Ouinné tsunami Salomon
Observation en temps réel du marégraphe de Ouinné (Nouvelle-Calédonie) lors du passage d’un tsunami au large des îles Salomon le 06/02/2013.

 

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WikiImages de Pixabay
03 novembre 2021